Il a passé une semaine de ses vacances estival au Cambodge, pour donner un peu de son temps à 47 orphelins du Refuge Kol. Nicolas Courjal est comme ça. Aux Chorégies d’Orange, en 2014, alors qu’il chantait dans Nabucco, la basse française avait pris la parole avant la représentation pour défendre le statut des intermittents. Prise de parole applaudie par une partie du théâtre antique, huée par une autre. Au moins il fait l’unanimité sur la scène. Sa rentrée est annoncée à l’opéra de Marseille dans « Simon Boccanegra » de Verdi (du 2 au 9 octobre), mis en scène par le baryton Leo Nucci. Sa saison se terminera avec « Guillaume Tell » de Rossini aux Chorégies d’Orange.

La basse française Nicolas Courjal est attendue à l’Opéra de Marseille pour commencer sa saison où il chantera dans Simon Boccanegra (du 2 au 9 octobre), mis en scène de Leo Nucci : « Je crois que c’est sa première. Je n’ai pas eu la chance de chanter avec lui. Mais c’est un opéra (NDLR de Verdi) qu’il connaît très bien. »

Nicolas Courjal se ressource chez lui en Bretagne pour travailler au calme, loin des bruits de la Capitale. C’est un choix de vie de retrouver sa maison familiale. Il n’est pas du genre à s’inquiéter pour sa carrière. D’autant que si elle a été lancée en Angleterre, elle se poursuit en France. De plus en plus.

Ne lui dites qu’il est la basse la plus en vue du moment, ça le fait sourire : « Je ne le crois pas. Mais ça fait plus plaisir que d’entendre que je suis le plus mauvais chanteur. » En tout cas, Nicolas Courjal est heureux dans sa tessiture : « Je ne voudrais pas être ténor. Non ! ça ne me dit rien. Soprano, ça m’aurait plu. Mais ce n’est pas possible. »

La basse Nicolas Courjal commencera sa saison à Marseille pour la finir aux Chorégies d'Orange

La basse Nicolas Courjal commencera sa saison à Marseille pour la finir aux Chorégies d’Orange. Photo crédit Cyril Cosson.

Parler musique avec Nicolas Courjal c’est bien et c’est plus que ça aussi écouter une leçon simplicité. Il raconte que ce n’est pas un acteur qui est devenu chanteur : « J’ai commencé par le violon et le piano avant d’être au chant. Pour moi, le chant c’était d’abord de la musique. Au début sur scène, je n’étais à l’aise. Et au conservatoire on ne prend pas de cours d’art dramatique ou de théâtre. Maintenant, jouer est devenu aussi important que chanter. Ca ne signifie pas que j’accepterai n’importe quelle mise en scène, il faut que c’est un sens, si par exemple on nous demandait de nous mettre nu. Mais ça ne m’est jamais arrivé. »

Après son approche de la scène, Nicolas Courjal évoque son séjour estival d’une semaine au Refuse Kol, au Cambodge, où il a coudoyé et choyé 47 orphelins : « Ce centre est ouvert depuis dix ans par mon amie Sophie Koch (soprano), la marraine, et Didier Laclau-Barrère un des administrateurs. Le centre a commencé avec deux enfants. Les besoins sont énormes alors si je peux apporter ma contribution, c’est normal. On ne sort pas indemne de ce genre de rencontre. Ce séjour au Refuge ne peut que nous toucher, mais aussi ça nous rend plus fort.»

Nicolas Courjal peut être regardé comme un homme à principe, celui prêt à les défendre à bon droit. Comme aux Chorégies d’Orange, en 2014, alors que la représentation de Nabucco de Verdi allait être donné, il est venu prendre la parole en costume de scène pour dénoncer les menaces qui pèsent sur le statut des intermittents du spectacle : « Je trouve normal de défendre cette exception française. Je trouvais normal aussi que ce soit un chanteur qui parle, sa voix porte mieux. Surtout que les politiques ne veulent rien proposer en remplacement. Avant il y avait des troupes d’opéra, mais ça n’existe plus. C’est vrai que dans le public, certains dans les gradins ont applaudi, je me suis fait copieusement siffler aussi. Il faut dire qu’il n’y a pas les artistes d’un côté, les techniciens de l’autre et le public encore à part. Non ! Nous sommes tous liés. On sait que ces statuts sont remis en cause tous les dix ans. Trop considèrent que les artistes et les techniciens sont des fainéants. Ce n’est pas vrai : nous parlons de la défense de la culture.»

Bruno ALBERRO

 

Photos crédit Neil Gillespie

En bref:

La vidéo de Nicolas Courjal  

On pourra entendre Nicolas Courjal dans « Simon Boccanegra » opéra de Verdi à l’opéra de Marseille du 2 au 9 octobre ; dans « La Damnation de Faust » de Berlioz à l’Opéra de Versailles le 6 novembre ; puis à Monaco du 19 au 25 novembre dans  « Samson et Dalila » de Saint-Saens (Le vieillard Hébreu).

En février 2019, Nicolas Courjal sera de retour Marseille pour Faust de Gounod ( du 10 au 21 février) ;  dans  Robert le Diable de Meyerbeer à Bruxelles en version de concert ( les 2 et 5 avril 2019) ; puis à nouveau dans Faust à Nice (du 22 au 28 mai).

Enfin Nicolas Courjal est à l’affiche  de « Guillaume Tell » de Rossini aux Chorégies d’Orange été 2019.

Renseignement à www.courjalnicolas.com ou à www.opera.marseille.fr

Informations sur le refuge Kol à www.le-refuge-kol.com Page Facebook: www.facebook.com/LeRefugeKol et l’Instagram à  www.instagram.com/lerefugekol/