Le 1er avril, la violoniste Geneviève Laurenceau sera en concert à Avignon. Elle en profitera pour s’imprégner de la ville qu’elle revisitera. Geneviève Laurenceau raconte sa vie d’artiste entre ses concerts, les cours donnés. Depuis dix ans, elle organise aussi un festival à Obernai, en Alsace. La ville qui l’a vue naître, où elle a fait ses premières gammes.

Si elle joue, ou si elle est invitée à jouer, des créations, la violoniste Geneviève Laurenceau assure, non sans un trait d’humour, que ce n’est pas elle qui a passé commande à Fauré, Saint-Saëns ou Poulenc qu’elle interprétera à l’Opéra Confluence à Avignon le 5 avril prochain. Ce n’est la première fois que la cité des papes l’accueillera ; elle se souvient d’un concerto de Bartok dans le théâtre à l’italienne, là en cours de travaux : « J’ai beaucoup aimé le lieu ». Un peu déçue à sa voix de ne pas y retourner cette fois. Ce qui ne l’empêchera pas de visiter la ville : « Je suis de plus en plus curieuse, j’aime flâner et profiter de l’endroit où je suis et quand je peux rester quelques jours sur place. Et Avignon, en cette saison, c’est plus calme qu’en juillet. »
Quand on lui fait remarquer la solitude qui touche les concertistes, Geneviève Laurenceau prend son temps pour répondre : « Je ne sens pas seule. On appartient à une famille musicale et il y a un chef invité à côté de nous. Ce sera le cas avec Benjamin Levy. Il est rare de ne connaître personne. On peut se sentir seule après le concert. Maintenant avec les consignes de sécurité, on ne voit plus personne. C’est très difficile d’accéder aux loges des artistes.»

Geneviève Laurenceau violon

Geneviève Laurenceau violon

Comme quoi on peut faire les choses sérieusement et ne pas se prendre au sérieux, quelle que soit la casquette que Geneviève Laurenceau porte. Car si sa carrière de soliste est importante, la concertiste se partage aussi ; à donner des cours à l’Académie Jaroussky ou à diriger le festival d’Obernai qu’elle a monté en 2009 dans la ville alsacienne. Dix ans, ça se fête avec des petits plats dans les grands : « On l’organise du 24 au 31 juillet. On aura avec nous le pianiste David Kadouch et le violoncelliste Victor-Julien Laferrière (NDRL : Premier Reine Elisabeth de Bruxelles et Victoire de la musique 2018).»  Elle glisse aussi qu’elle a dû s’adapter à l’évolution de notre société et à la baisse des finances publiques dans la culture : « De plus en plus, on a recours à des financements privés. Je ne sais pas si ailleurs c’est compliqué, mais en Alsace on est plutôt bien loti.»
Organisatrice de festival, ce n’est pas la première à son violon qu’elle a commencé à l’âge de trois ans dans sa ville natale d’Obernai. Avant de se faire connaître et reconnaître comme soliste, Geneviève Laurenceau a laissé son nom comme super-soliste à l’orchestre du Capitole de Toulouse. Pour elle, c’est un atout d’avoir travaillé au sein d’un grand ensemble : « Je ne prétends pas comprendre chaque orchestre, mais je suis plus attentive car je connais mieux les instruments isolément et leur capacité, mais aussi l’esprit de chaque pupitre. Je connais bien aussi les familles qui peuvent exister dans les orchestres. Sentir cette atmosphère de jouer en collectif. Je suis sensible à ce que ça représente d’être musicien d’orchestre, avec la force instrumentale et humaine. »

Geneviève Laurenceau violon

Geneviève Laurenceau violon

Quelques secondes de silence et Geneviève Laurenceau sort : « C’est bizarre, mais j’ai le sentiment que tout fait partie de mon développement, d’avoir joué en musique de chambre, en orchestre, maintenant d’avoir un pied dans l’enseignement et d’organiser des concerts. Tout ça me nourrit. Chaque facette nourrit l’autre. »
Comme son jeu se nourrit aussi de répondre aux sollicitations des compositeurs : « Je n’ai pas encore passer de commandes à un auteur, mais Philippe Hersant m’a proposé un duo violon-violoncelle. Il y a eu aussi d’autres œuvres contemporaines comme celles de Facil Say.»

 

 

Bruno ALBERRO

 

Photos © Yvan Schawandascht © B.Martinez © Natacha Colmez

Où entendre Geneviève Laurenceau?

  • Le 13 février aux Victoires de la Musique à la Seine Musicale ; 
  • Le 14 février« Amours toujours » au Bal Blomet ; 
  • Du 15 au 20 févrierEnregistrement de l’album Smoking Joséphine  » Amours toujours  » ; 
  • Le 16 mars Festival 123Musique!Smoking Joséphine  » Amours toujours  » ; 
  • Le 23 mars Soirs en scène (domaine Saint-Louis)Smoking Joséphine  » Amours toujours  » ;
  • Les 6 et 7 avril dans « Paris était une fête » à l’Opéra Confluence avec l’Orchestre régional Avignon Provence, dirigé par Benjamin Levy ; 
  • Les 13 et 17 juillet en tournée avec l’Orchestre des Pays de Savoie, dirigé par Nicolas Chalvin.

Renseignement à Geneviève Laurenceau