Sofya Melikyan est née à Erevan, capitale de l’Arménie, elle a grandi en Espagne avant de vivre aux Etats-Unis, pour s’installer dernièrement en France, avec son mari franco-allemand. La pianiste a travaillé avec Brigitte Engerer, pour sa carrière, elle aimerait que les maisons françaises lui ouvrent ses portes. En attendant les USA, le Canada et la Belgique lui font les yeux doux. Son rêve est d’enregistrer l’intégrale de Gabriel Fauré.

On sait que la musique est universelle, elle est ouverte au monde pour ses publics différents. La pianiste Sofya Melikyan voyage depuis l’enfance. On comprend à son nom qu’elle est Arménienne, native d’Erevan, plus exactement, quand son pays faisait encore partie de l’Union des républiques socialistes soviétiques. Elle explique que ce régime lui a permis d’apprendre la musique, obligatoire pour tous ; qu’elle a posé ses doigts sur le piano dès cinq ans, sans qu’elle fasse pour autant figure d’exception : « La musique a fait partie de notre éducation dans toute l’URSS. C’est très symbolique que tout le monde joue d’un instrument ou chante. Chaque enfant devait apprendre, la musique était encrée dans notre culture. Dans ma famille, toutefois, mon père est violoniste professionnel. »

La pianiste Sofya Melikyan, d'origine arménienne, va graver huit nocturnes de Gabriel Fauré.

La pianiste Sofya Melikyan, d’origine arménienne, va graver huit nocturnes de Gabriel Fauré. Photo ©Rennoib

Son expatriation n’a pas conduite Sofya Melikyan vers une diaspora arménienne, sur la trace d’autres artistes qui s’investissent pour aider le pays et maintenir les traditions : « J’ai des contacts avec l’Arménie, des relations fortes même, j’ai aussi de la famille et je m’y rends en visite régulièrement. Je donne aussi des master classes, je joue aussi les compositeurs arméniens. A la maison je parle arménien et je maintiens les traditions. Mais je ne participe pas activement aux événements organisés par la diaspora. »

Puis la famille a rejoint l’Espagne quand Sofya Melikyan avait quatorze ans ; on imagine aisément qu’elle a découvert un autre univers. « Pendant la dictature de Franco, la musique n’était pas une priorité. J’ai suivi pendant six ans le conservatoire à Madrid. Le niveau à l’époque n’était pas très élevé», analyse la concertiste.
La musique l’a amenée ailleurs, à Paris déjà, avant les Etats-Unis où elle a vécu 10 ans : « En 2002 et 2003, j’ai travaillé avec Brigitte Engerer, en cours particulier, car j’avais passé l’âge de suivre ses cours au conservatoire. Ce sont deux années très importantes pour moi. Ce qu’elle m’a enseigné, mais aussi sur le plan de notre relation humaine. Brigitte Engerer était une personnalité remarquable, elle cherchait toujours le côté positif des choses, quand elle avait la petite graine elle la faisait développer. Ce n’était une relation rigide avec son élève. Pas du tout. Pour moi, cette période a été une riche expérience. Je crois aussi qu’on peut apprendre en enseignant et Brigitte Engerer est pour moi un exemple à suivre. »

Son souhait est de jouer plus souvent en France

Depuis quelques mois, avec son mari franco-allemand et ses enfants, Sofya Melikyan a décidé de vivre à Paris : « Nous avons de la famille proche pour nous aider quand nous partons en concert. Pour l’instant quand on le peut, les enfants m’accompagnent. »
Si rêve il y a chez Sofya Melikyan, ce serait de jouer plus souvent en France : «  Je suis invitée aux Etats-Unis, au Canada ou en Corée. Mais j’ai très envie de jouer plus souvent en France. »
Son second souhait serait d’enregistrer l’intégrale de Gabriel Fauré. En attendant un projet est plus avancé : celui de graver très prochainement les nuits nocturnes de Fauré justement.
Dans les bacs, on peut déjà retrouver des gravures de Sofya Melikyan. Son premier opus a été consacré à “Goyescas”, une suite pour piano du compositeur espagnol Enrique Granados, écrite en 1911. Elle y a ajouté les Variations sur un thème de Chopin, de Frédéric Mompou (1893-1987).
Son second enregistrement rend hommage aux compositrices contemporaines comme la Russe Sofia Gubaidulina ; l’Arménienne Geghuni Chitchyan ; la Vénézuélienne Raquel Quiaro ou la Finlandaise Kaija Saariaho.

Bruno ALBERRO

La vidéo de Sofya Melikyan

Crédit photos Rennoib.

En bref : Pour écouter la pianiste Sofya Melikyan :

  • Le 24 octobre au KBS hall de Séoul en Corée-du-Sud, au programme le concerto n°5 de Beethoven ;
  • Le 13 janvier à Deurne en Belgique, au programme Granados et Chiychyan ;
  • Le 15 janvier à Bijloke Muziekcentrum à Ghante, au programme Mompou, Granados et Chiychyan ;
  • Le 25 janvier au Glenn Gould Studio de Toronto au Canada et le 26 janvier au Barrie à Toronto, au programme le concerto n°2 de Mendelssohn ;
  • Le 15 mars à Flagey à Bruxelles, au programme Mompou et Granados.

Renseignement à www.sofyamelikyan.com