Le mezzo-soprano Adèle Rose Esther Charvet était en récital à Gordes à l’invitation des Saisons de la voix. Le public bordelais pourra l’entendre deux fois, dans le Barbier de Séville  du 1er au 13 février et dans Manon du 5 au 14 avril. Avant cela, le samedi 13 octobre, elle chantera Idomeneo de Mozart à Levallois (92).

A 25 ans, le mezzo-soprano possède la connaissance de son métier, ses avantages et de ses inconvénients. Elle sait que la patience sera son meilleur outil pour progresser, elle le sait, pour aborder les rôles dont elle a envie et qui jalonnent une carrière. Les voix d’hier et d’aujourd’hui sont celles qu’elle écoute, elle cite au hasard Mirela Freni,  Jessie Norman, Leontine Price, Elisabeth Schwarzkopf, Barbara Bonnetou encore le baryton Dietrich Fischer-Dieskau. Ceux-ci ont ses préférences. « Je pense qu’il faut savoir écouter des voix anciennes mais aussi ce qui se fait aujourd’hui. »
Le mezzo Adèle Charvet sera en concert à Gordes dimanche.

Le mezzo Adèle Charvet sera en concert à Gordes dimanche.

Elle confie qu’à ses débuts, elle aurait préféré être soprano pour chanter les rôles de Puccini : « Mais maintenant je me sens dans bien comme mezzo. Il y a de beaux rôles, pas seulement des vierges effarouchées ou des ingénues. On peut jouer aussi des rôles en pantalon.»

Quand on lui fait remarquer que de plus en plus souvent les personnages travestis reviennent au contre-ténors, Adèle Charvet s’en réjouit : « Je trouve ça bien que les contre-ténors puissent reprendre leur rôle. »

Pour l’instant, elle prend plaisir à jouer des rôles légers et attendre quelques années encore avant d’endosser la robe rouge de Carmen de Bizet par exemple : « Les mezzos connus, que j’admire, ont pris ce rôle autour de trente-trois ans. »

Si des artistes lyriques appréhendent la solitude d’après concert ou d’après les répétitions, Adèle Charvet se réjouit des rencontres que ce métier lui offre : « On rencontre de nombreuses personnes sur une production, c’est aussi très enrichissant. Comme nos différents rôles sont enrichissants. La voix se construit peu à peu, je ne sais pas comment elle évoluera.»

Certains artistes pourraient être déçus d’alterner les rôles de premiers et de seconds plans, Adèle Charvet ne voit pas la chose ainsi : « Ça se passe pas comme ça. Chanter en récital et dans une production, c’est très différent, c’est un autre métier. Par exemple à Gordes je vais chanter des airs de Carmen, que je ne ferais pas sur scène avant quelques années. C’est vrai qu’en récital, on est seule à saluer, dans un opéra ça se passe autrement. »

Adèle Charvet glisse qu’elle n’a pas la crainte du téléphone muet : « C’est vrai que cette saison, je n’ai pas de trou. Je ne suis pas quelqu’un d’angoissée. »

En tout cas, Adèle Charvet a limité son cercle de personnes de confiance : « J’ai conservé ma professeur de chant qui a une oreille fabuleuse et encore une ou deux personnes. Ca ne sert à rien de collecter les avis de 150 personnes. Je ne serai pas du genre à solliciter des avis des personnes qui chantent dans une même production. »

 

Bruno ALBERRO

 

En bref : On pourra entendre le mezzo Adèle Charvet :

  • Le samedi 13 octobre à 20h30 à la salle Ravel à Levallois (92), dans Idomeneo, un Opera seria en 3 actes de Mozart, sous la direction de David Stern dans une mise en espace d’Elsa Rooke ;
  • Le 23 novembre en récital au DeSingel d’Anvers avec Florian Caroubi ;
  • le 2 décembre en récital Fauré Chaminade au Concertgebouw d’Amsterdam ;
  • Le 16 décembre (Shanghai Symphony Hall), 23 juin (Leipzig, TomasKirche) : Messe en Si mineur, JS Bach avec Opéra Fuoco ;
  • Le 22 décembre en récital « Groupe des Six » au musée Pouchkine à Moscou avec Liudmila Berlinskaia ;
  • Le 30 décembre en récital de Noël du Festival de Verbier ;
  • Les 3, 5, 7, 11 et 13 février dans le rôle de Rosina, du Barbier de Séville de Rossini à l’Opéra national de Bordeaux ;
  • Les 5, 7, 8, 10, 12 et 14 avril à Bordeaux; les 7, 10, 13, 16, 19 et 21 mai à l’Opéra Comique à Paris dans le rôle de Javotte de Manon de Massenet.

Renseignement à Opera Fueco et l’Opéra national de Bordeaux