La violoniste Maïté Louis se partage entre les concerts et ses cours diffusés au conservatoire régional de Grenoble. On peut l’entendre dans les salons de musique de chambre ou dans les festivals de musique irlandaise. Pour elle, toutes les musiques sont bonnes à jouer. Après le 1er prix, dans la catégorie senior du Concours international “Grand Prize Virtuoso Competition” pour son enregistrement de la IIe sonate d’Ysaÿe, et le 1er prix du Concours international Golden Classical Music Awards, elle vient d’obtenir le 3e prix du Concours international Rising Star à Berlin.

Si la lecture de l’agenda de la violoniste Maïté Louis indique de nombreuses dates dans la région de Grenoble, où elle habite, voyez-y plus un retour aux sources : « Longtemps, j’ai joué hors de mon département. Maintenant je suis à nouveau invitée, c’est comme ça.»

Si elle s’est moins produite en Isère ou proche Isère, elle n’y voit pas un effet de la mondialisation, elle estime d’ailleurs que c’est de tout temps que les artistes se sont déplacés : « Les artistes ont toujours beaucoup voyagé. Avant c’est vrai on connaissait une quinzaine de concertistes qui se produisait dans le monde entier. On peut dire aussi que c’est une bonne chose pour le public de voir et d’entendre plus de choses différentes. L’inconvénient, c’est que c’est de plus en plus difficile pour les artistes. »

Constater n’est pas désespérer. Pour preuve, elle souligne les initiatives des passionnés dans des communes qui ont commencé avec un concert et qui maintenant animent un festival important : « Ça m’arrive souvent de recommander telle association parce qu’on est bien accueilli ici ou là. »

Mais il faut bien manger aussi, même s’il est notoire que les musiciens voient leur cachet à la baisse : « C’est vrai que le prix d’une baguette de pain ne se négocie pas parce qu’on a baissé notre revenu. C’est un double problème. Car si les musiciens ne font pas d’effort. Eh bien ! on ne pourra pas jouer. Si on ne joue pas, on n’existe pas. Il faut composer pour fixer un prix juste pour tout le monde. »

Un des problèmes selon Maïté Louis, c’est la confusion entre musiciens amateurs et professionnels : « Musiciens professionnels, on ne peut pas se contenter d’un bon d’achat et d’un repas. Je pense que la musique doit conserver cette forme d’élitisme, ce qui ne signifie qu’on adresse à une élite, mais le rôle des musiciens et des organisateurs est aussi de faire évoluer le public.»

Le violon de Maïté Louis est double, il joue indifféremment les Partitas de Bach ou de la musique irlandaise au sein de son groupe Irish kind of. Pour elle, ces deux musiques sont à la fois très différentes mais aussi très proches, elle assure que la musique dite savante n’empêche pas d’écouter l’autre, dite populaire : « C’est très difficile techniquement et elle a un côté plus festif. On ne touche pas le même public. Après des concerts de musique irlandaise, certains sont ensuite venus m’entendre en concert. Et puis, pour moi, toutes les musiques sont bonnes à jouer. Dans beaucoup de festivals de musique classique il existe un espace de musique traditionnelle.»

Enseigner et transmettre est la seconde facette de Maïté Louis, pour elle donner des cours en Conservatoire de région n’a pas la même finalité que de disposer d’élèves d’un Conservatoire national : « On s’adresse plutôt à des amateurs, c’est différent. » Elle n’aimerait pas cependant que l’enseignement soit considéré pour un poste de musicien par défaut : « C’est vrai qu’en France, le professeur n’est pas valorisé. On prépare les musiciens à devenir solistes et que c’est violent pour eux de ne pas accéder à cette carrière. On ne peut pas être professeur par défaut, comment transmettre alors sa passion. On peut dire la même chose aussi pour les musiciens d’orchestre. Etre musicien d’orchestre ou enseignant, ça ne doit pas être péjoratif. On parle de l’excellence du soliste, mais l’excellence existe partout. On le voit pour les concours d’orchestre où les candidats sont tous d’un bon niveau.»

Bruno ALBERRO

 

La vidéo de Maïté Louis 

Le coin CD :

Maïté Louis a remporté le 1er prix, dans la catégorie catégorie senior du Concours International Grand Prize Virtuoso Competition pour son enregistrement de la 2ème sonate d’Ysaye. Le CD de cet enregistrement, “Inspirations” pour violon seul, sorti chez Continuo Classics, est disponible chez les disquaires.

Où entendre Maïté Louis ?

  • Le 26 mai 2019 avec l’Orchestre des Hautes Alpes au Casino de Briançon ;
  • Le 26 juin à la Philharmonie de Berlin ;
  • ​Le 29 juin 2019, Concert violon seul “Inspirations” à la Chapelle d’Epfig
  • Le 4 juillet 2019 avec l’Ensemble Vauban à Villard Saint Pancrace.

Renseignement pour Maïté Louis