“Orphée aux enfers” en version déjantée, voici comment l’a imaginée Nadine Duffaut. Elle revisite quelque peu le livret et signe la mise en scène de cet opéra-bouffe d’Offenbach, pour fêter la fin de l’année à la salle Confluence de l’Opéra du Grand Avignon. Les Dieux de l’Olympe descendent sur terre et quittent les toges blanches célestes et les colliers de fleurs pour revêtir les cuirs Perfecto et les tenues plus olé-olé ; ils évoluent dans des costumes dessinés par Katia Duflot qui a laissé libre court à son imagination. Dans le même genre, les chorégraphies d’Eric Belaud pour les 14 danseurs du Ballet de la maison se montrent aussi urbaines, difficile de ne pas se souvenir de l’esprit du film l’Equipée sauvage où on voit Marlon Brando et sa bande jouer les durs dans une ville calme.
En tout cas, tout le monde semble bien s’amuser sous la direction inspirée de Dominique Trottein, au pupitre de l‘Orchestre régional Avignon-Provence.

Chez Offenbach, la distribution est souvent pléthorique et Orphée en est une illustration avec sa légion de 19 solistes. A Avignon, en meneuse de revue, le soprano avignonnais Julie Fuchs, en Eurydice, signe son retour sur le plateau, après être devenue maman il y a tout juste deux mois. La voix n’a pas bougé, ses arias sont cristallins, son jeu de scène manque parfois de réalisme ou de lâcher prise. Il est vrai qu’à ses côtés, le ténor Florian Laconi, en Pluton, et  Francis Dudziak, en Jupiter, sont des cabotins en diable. Samy Camps en Orphée suit de près le mouvement.

Le jeune soprano Amélie Robins en Cupidon laisse espérer un bel avenir et le mezzo Caroline Mutel en Vénus ne perd en rien ses qualités. On retient aussi le phrasé et le timbre de Sarah Laulan, dans la robe rose bonbon de L’Opinion publique. Le reste de l’affiche est dans le même registre.

Bruno ALBERRO

 

Photos crédit Cédric DELESTRADE

 

A venir à l’Opéra du Grand-Avignon

  • Ce 31 janvier à 20h30 Orphée aux enfers d’Offenbach ;
  • Les 18 et 20 janvier La Bohème de Puccini avec Ludivine Gombert et Davide Giusti mis en scène par Frédéric Roels et dirigé par Samuel Jean ;
  • Le 2 et 3 février Il monde alla roversa de Goldoni ;
  • Jeudi 14 février récital de Ludivine Gombert  dans “Femmes, je vous aime”, au musée Angladon.

Renseignement à l’Opéra du Grand-Avignon