Le ténor Fabien Hyon est une des huit Révélations classiques Adami de 2015. L’association l’invitera à jouer aux Chorégies d’Orange en 2019, pour les 150 ans du festival lyrique, où il sera en concert avec ses camarades le mardi 16 juillet. Il aura à ses côtés le soprano Marie-Laure Garnier, le mezzo Eléonore Pancrazi, le baryton Jean-Christophe Lanièce, mais aussi le pianiste Jonathan Fournel, Manuel Vioque-Judde, alto, Caroline Sypniewski, violoncelle et Nicolas Ramez, cor.

Le ténor Fabien Hyon s’abonne aux histoires mythologiques et même aux créations. Pour preuve, il suffit de repérer ses rôles précédents, mais avec aussi en regardant l’affiche de sa prochaine production, signée de Michèle Reverdy : “Ombres du Minotaure”. Elle sera donnée à Vevey et à Neuchâtel en Suisse du 16 au 24 janvier. En attendant de chanter aux Chorégies d’Orange l’été prochain pour les 150 ans du festival lyrique, et ce dans le cadre des concerts Adami : « Normalement j’aurais dû chanter avant puisque je suis Révélations classiques de l’année 2015, mais je ne pouvais pas j’avais des dates de prévues. Quand une Révélations ne peut pas une année elle est remplacée par celle de l’année suivante ou de l’année précédente. Etre présent aux Chorégies pour les 150 ans, c’est une chance et un événement. »

Le ténor Fabien-Hyon est révélations Adami 2015 et chantera aux Chorégies d'Orange en 2019

Le ténor Fabien-Hyon est révélations Adami 2015 et chantera aux Chorégies d’Orange en 2019

Le ténor, né à Marseille, attaché au Var où se trouve le berceau de sa famille, se réjouit de pouvoir chanter dans le plus grand nombre de lieux possibles : «J’aime les Bouffes du Nord ou l’Opéra de Lille, mais  ce n’est pas mon but de me produire dans une salle renommée. J’ai envie de chanter partout. La salle de Vevey est intéressante en s’appuyant sur les anciens remparts avec des ajouts contemporains, d’autres c’est pour la salle, grande ou petite ou pour l’histoire qu’elle véhicule. En fait le plus dur pour moi serait de choisir, tout m’intéresse.»
Pour l’instant, Fabien Hyon se réjouit d’être dans la création : « C’est un peu de hasard. C’est lui qui provoque les rencontres où se nouent des affinités qui conduisent à un projet. »
Si pendant un temps les créations mettaient à mal, parfois, les voix et leur devenir, Fabien Hyon estime qu’aujourd’hui les compositeurs travaillent différemment : « On revient à des littératures d’antan et on existe une collaboration comme à l’époque de Mozart où il écrivait pour les voix qu’il avait devant lui. Les compositeurs vont à nouveau vers les chanteurs et reviennent à cette dimension humaine.»
Cette situation d’être le premier quand on est dans une création, Fabien Hyon en tire une fierté mais aussi des obligations : « Je veux dire que l’on ne subit pas le poids de la référence et que, sans personne pour nous précéder, nous nous autorisons plus de fantaisie dans notre exploration. C’est aussi une responsabilité vis à vis du compositeur, du metteur en scène , du chef d’orchestre et du public. Mais c’est un processus assez excitant qui nécessite beaucoup de travail. »
Le ténor glisse que le public il y pense souvent sur scène ou avant d’entrer en scène, surtout depuis cinq ou six ans quand lui revient en mémoire ce souvenir du festival d’Entrecastaux dans le Var, dirigé par le violoncelliste Alain Meunier : « Il avait joué les Suites de Bach. Quand je suis sorti je me suis senti léger, comme dans un état de méditation. Je me suis senti grandi au propre comme au figuré. Si l’artiste parvient à offrir au public cette sensation de s’élever, alors il a réussi. Alors, faire de la musique devient un sacerdoce. »
Fabien Hyon est conscient que le spectacle vivant en général souffre : « Contrairement au cinéma, les autres formes que ce soit la danse, le cirque ou l’opéra il faut faire un effort. Alors qu’on peut avoir accès à des informations et à des multitudes de distractions, chez soi devant son écran. L’opéra c’est différent que regarder un film à la maison par le fait de se déplacer et de devenir soi-même un élément actif du spectacle, par sa présence, son écoute et son état d’esprit, le public influence grandement la représentation. Il est aussi acteur, dans un sens. Je suis plus réservé quand on a dit que le prix des places est un frein ; car pour certains spectacles, plus populaires, elles sont aussi chères. »
Néanmoins, Fabien Hyon estime que si l’opéra se mérite par les efforts consentis, pour lui le chanteur se doit d’aller vers le public : « Il existe des initiatives que ce soit les grandes maisons avec des accès aux scolaires, des conférences pour expliquer, la productions d’opéras réduits. Les petites compagnies font peut-être aussi le choix d’aller vers le public et elles vont dans le sens de promouvoir l’opéra en ajoutant des parties musicales à leurs spectacles. »

Bruno ALBERRO

 

Photo © Manuel Braun

La vidéo de Fabien Hyon

Où entendre Fabien Hyon ?

  • Jusqu’au 24 janvier : Théâtre de l’Oriental, Vevey ; Théâtre du Passage, Neuchâtel, Suisse
    Ombres du Minotaure, Michèle Reverdy (création), mise en scène de Francesco Biamonte, dirigée par Lennart Dohms ; 
  • Le 16 février avec l’ Association Jeunes Talents, Auditorium Louis Le Grand, Paris, France ;
  • Du 1 au 8 mars : Waterloo, Belgique dans Carmen de Bizet ; 
  • Du 19 au 23 mars : Opéra de Rennes, France dans Die Zauberflöte de Mozart ;
  • Du 24 au 30 mars au Théâtre de la Ville au Luxembourg ; 
  • Du 2 au 12 avril à Narbonne, France dans Dido & Aeneasde  de Purcell ; 
  • Les 13 et 14 avril : Aldeburgh, Angleterre en récital avec Nicolas Royez, piano ; 
  • Du 25 au 28 avril : Waterloo, Belgique dans Carmen, Bizet ;
  • Le 26 avril à Gand, Belgique, en récital avec Philippe Riga, piano ;
  • Du 6 au 13 juin à l’Athénée Théâtre Louis Jouvet à Paris, dans Le Testament de Tante Caroline ;
  • Le 14 juillet au Festival de Beaune, France dans Isis de Lully ;
  • Le 16 juillet : Chorégies d’Orange, France au Concert des Révélations Classiques de l’ADAMI ; 
  • Le 18 juillet : Piccolo Festival, Venise, Italie,Gioia ! en récital avec Dania El Zein, soprano, Mathilde Legrand, mezzo, Pierre-Emmanuel Roubet, ténor, Alexandre Artemenko, baryton et Kira Parfeveets, piano ; 
  • Le 19 juillet : Piccolo Festival, Venise, Italie dans Offenbach ;
  • Le 21 juillet au Festival Musique en Ré, Saint-Martin de Ré, France dans le Requiem de Mozart ; 
  • Le 25 juillet : Festival Musique en Ré, Saint-Martin de Ré, France dans Die Zauberflötede Mozart.

Renseignement à Fabien Hyon