La pianiste ukrainienne Natacha Kudritskaya est attendue en concert à Avignon ce vendredi 22 mars. Elle est installée en France depuis quinze ans maintenant. Le français appris à l’école a facilité son choix de venir poursuivre ses études musicales à Paris, au Conservatoire national supérieur.

L’Opéra-Confluence du Grand Avignon sera la scène de la pianiste ukrainienne Natacha Kudritskaya ce vendredi 22 mars. Elle glisse qu’elle vient souvent en concert à l’hôtel étoilée “La Mirande”, proche du palais des papes, pour donner quelques concerts dans le cadre de leur programmation annuelle.

Si elle habite Marseille depuis quelques années, Natacha Kudritskaya a posé ses valises en France quinze ans en arrière, à Paris, pour poursuivre ses études musicales. Le choix du cœur de la pianiste qui parle un français presque sans accent : « J’avais  appris le français à l’école et je suis venue de nombreuses années dans une famille d’accueil à Chalon-sur-Saône après la catastrophe de Tchernobyl. Nous avons été très nombreux à venir en France. Dans ma famille d’accueil, j’y vais souvent, je suis toujours en contact. Chalon, c’est ma deuxième ville. »
La musicienne explique qu’elle n’a pas eu beaucoup de difficultés à appréhender l’enseignement en France : « Ce sont deux approches différentes, mais comme j’avais une base solide, j’étais sûre de pouvoir venir à Paris. Au CNSM, j’ai pu aller écouter des professeurs différents, de recevoir beaucoup de conseils et pas que des conseils techniques. »

La pianiste ukrainienne Natacha Kudritskaya sera en concert à Avignon vendredi 22 mars photo_Balazs Borocz

La pianiste ukrainienne Natacha Kudritskaya sera en concert à Avignon vendredi 22 mars et mardi 26 mars. Photo Balazs Borocz.

Dans les républiques de l’Union soviétique, l’apprentissage de la musique avait un caractère obligatoire et permanent rappelle Natacha Kurdritskaya, c’est sans doute ce chemin qui l’a conduite à devenir artiste professionnelle : « La question de savoir ce que je voulais faire ce n’est pas posée. J’ai suivi une ligne droite, tout le monde faisait ça. C’est à peu près sûr que je ne serais pas devenu musicienne sinon. Avec le recul je me dis que j’aurais pu faire des langues, j’aime bien ça. En tout cas, je ne sais pas ce que j’aurais fait. Si peut-être du théâtre. J’avais pensé que si je ne réussissais pas le concours de Paris, j’aurais pu aller dans une université de théâtre. Ce ne sont que des rêves.»
Natacha Kurdritskaya n’est pas étrangère à ce qui se passe dans son pays depuis trente ans : « On ne peut pas dire que ce soit simple. Au début, on a eu beaucoup d’espoir. Je constate que les jeunes générations des choses sympathiques se font avec l’accès aux nouvelles technologies, elles arrivent à mieux s’en sortir que les anciens. Kiev avec les jeunes fait penser à une nouvelle Berlin, c’est très agréable. Par contre pour les vieilles générations c’est très compliqué. »
Même si Natacha Kurditskaya n’est pas liée à une diaspora, elle dit que les artistes ne peuvent se faire entendre : « Nous ne sommes pas écoutés. Le système est resté soviétique, les institutions sont gardées par les anciens dinosaures. Il n’y a pas de grands changements et c’est compliqué de faire bouger les choses. »

Bruno ALBERRO

Photo crédit Balazs Borocz

La vidéo de Natacha Kudritskaya

Où entendre Natacha Kudritskaya ?

  • Le vendredi 22 mars à 20h30 à l’Opéra Confluence du Grand Avignon dans un programme Liszt avec la malédiction pour piano et orchestre, Chopin avec le concerto n°2 pour piano et orchestre suivi de la Symphonie n°1 de Mendelssohn ;
  • Le mardi 26 mars à l’hôtel La Mirande à Avignon ;
  • Les 30 et 31 mars à Leiden (Pays-Bas) avec le Brodsky Quartet ; le 6 avril en concert de musique de chambre à l’Opéra de Marseille ;
  • Le 11 avril à  Riga avec  O/Modernt ensemble quintette de Olli Mustonen ;
  • Les 18 et 22 avril à Düsseldorf au ChamberJam Festival. 

Renseignement à Natacha Kudritskaya et à l’Opéra du Grand Avignon