Le mezzo Laetitia Goepfert se partage entre les chœurs de l’Opéra de Paris, des récitals ou des productions opératiques ou encore l’enseignement. Si d’aucuns se sentiraient frustrées de ne pas conduire une carrière internationale, Laetitia se souvient d’où elle vient et qu’elle vit de sa passion, en toute simplicité.

Dans les couloirs de l’Opéra Bastille Laetitia Goepfert croise le ténor Roberto Alagna et le soprano Aleksandra Kurzak, son épouse à la ville. Commence une conversion entre les deux chanteurs vedettes et la mezzo-soprano des chœurs de l’Opéra de Paris : « Ils pensaient que j’étais soliste alors que je leur ai dit que j’étais choriste. Ce sont des gens adorables, simples et naturellement généreux.» Tout est dit simplement, sans ambages.

Avant d’entamer une conversation en toute simplicité. Laetitia Goepfert est satisfaite de ce statut de choriste. Quand la plupart des artistes ont un parcours le plus souvent linéaire, Laetitia Goepfert ne cache pas que la musique l’a rattrapée alors qu’elle avait quitté la maison à 15 ans. « Pour vivre sa vie en effectuant des petits boulots », raconte-t-elle en toute pudeur. Elle ne donne pas d’explication à cet intermède, ou bien celui d’avoir élevé ses enfants : « Pour beaucoup de femmes, la carrière est un dilemme. Etre soliste, c’est aussi une attitude égoïste et beaucoup de solitude. » Si Laetitia Goepfert se produit souvent du côté de Nice, c’est que ses enfants sont devenus plus autonomes, l’adolescence venue : « J’ai trouvé mon équilibre. »

Laetitia Goepfert chante dans les choeurs de l'Opéra de Paris

Laetitia Goepfert chante dans les choeurs de l’Opéra de Paris et enseigne à l’Ecole de musique de Plailly (95) et de Saint-Witz (60). Photo crédit Jean-Jacques Mikolajczik.

Pourtant, l’avenir était prometteur, bien qu’elle naquît et grandît où la musique opératique n’était pas forcément le lot quotidien. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir un enseignement musical et de suivre des cours de violon et de danse. Voire de rejoindre une chorale : « C’est là qu’on m’a trouvé des qualités vocales naturelles et que je devais travailler. »

Tu seras chanteuse ma fille. Pas forcément dans le lyrique qui la faisait sourire quand elle passait devant les salles du conservatoire où elle entendait des vocalises.

Ce qu’elle est devenue en écoutant “Madama Butterfly” de Puccini, sur un disque poussiéreux familial qui lui a fait gonfler les paupières. Elle mesure le temps passé et la chance de vivre sa passion. Si d’aucuns lui reprocheraient de ne pas être soliste, elle rétorque que sa vie entre les chœurs, quelques récitals ou productions et des créations de spectacles suffisent à son bonheur, sans oublier celui d’enseigner et donc de transmettre pour entretenir ce langage universel qu’est la musique : « Être choriste m’offre aussi pas mal de liberté. Etre soliste : c’est être en contact avec le public, c’est aussi plus de risques. Je suis invitée comme soliste dans beaucoup de rôles populaires comme Carmen de Bizet. » A Paris, Laetitia Goepfert coudoie quelques stars du lyrique. Elle confie qu’elle est admirative des chanteurs sensibles et généreux, elle n’hésite pas à citer une fois de plus Roberto Alagna pour sa carrière et son charisme : « J’ajoute que c’est une immense chance de travailler dans les chœurs de l’Opéra de Paris, car nous avons la possibilité d’entendre des solistes d’exception comme actuellement Roberto Alagna et Aleksandra Kurzak. Et l’an dernier, j’étais sur Don Carlos (NDLR de Verdi en français) où nous avions la chance d’avoir sur le plateau Elina Garancia , Sonia Yoncheva , Ludovic Tézier  et Jonas Kaufmann. »

Ah ! L’universalité de la musique.

Universel sera le mot qui reviendra le plus souvent au cours de la conversation : « Universel dépasse les frontières de la région de Strasbourg où j’ai grandie. Je n’ai pas ce sentiment d’appartenance. On pourrait penser que la pratique de la musique m’a inculqué cette notion d’universalité, mais je crois que je l’ai toujours eue. »

Pour elle, l’opéra ne peut s’écouter d’une oreille distraite : « Pour que ça nous touche, il faut se laisser porter. L’opéra, c’est tout ou rien. »

Bruno ALBERRO

 

Photo crédit Stéphane Durieux.

La vidéo de Laetitia Goepfert 

Où entendre Laetitia Goepfert ?

  • Le 30 mars en récital avec le pianiste Éric Artz pour le festival du Bruit qui pense à Louveciennes salle Camille Saint-Saëns de l’hôtel de ville ;
  • Le 6 avril dans un spectacle original avec Emmanuel Goepfert au théâtre de la grange à Plailly (95) ;
  • Le 2 mai en événement à l’opéra de Dubaï ;
  • En mai-juin : Enseignement de technique vocale en master classe lors du stage vocis via (à confirmer) ;
  • Les 27 et 28 juin dans Rosine dans Le Barbier de Séville au théâtre de Carros (à côté de Nice).
  • Le 30 juin dans le Stabat mater de Rossini sous la direction de Cyril Pallaud au Forum  de Saint-Louis (68), la ville des 3 frontières avec la Suisse et l’Allemagne ;
  • En juillet au spectacle des Lyrics folies avec Richard Rittelman à Grasse (06) ;
  • En octobre et novembre au Festival d’opérette à l’opéra de Nice avec Metella dans la Vie Parisienne d’Offenbach et Amparita dans Quatre jours à Paris de Francis Lopez ;
  • En novembre dans Diogène de Clément Althaus (création) au théâtre d’Antibes.

Renseignement à Laetitia Goepfert