La violoniste Annabelle Berthomé-Reynolds est partie à l’étranger pour exercer son art. Si elle a élu domicile à Bruxelles, elle enseigne au Conservatoire départemental de Roubaix. Elle pratique à l’envi la neurapédagogie, une technique qui a fait le sujet de sa thèse et qu’elle transmet à d’autres professeurs pour les aider à trouver le bon chemin vers la sensibilité de l’élève.

« J’ai un intérêt pour les choses subtiles ». Cette phrase de la violoniste Annabelle Berthomé-Reynolds résume son monde musicale où les facettes se croisent et se nourrissent entre la pédagogie enseignée et l’envie de transmettre des œuvres plus ou moins connues ou redonner vie à des compositeurs moins joués. Concert, enseignement ou la pratique de la neuropédagogie sont les trois facettes de la professeur du Conservatoire départemental de musique de Roubaix.

On comprend vite que Annabelle Berthomé-Reynolds refuse d’être catégorisée dans tel ou telle domaine : « Même si en France, on aime bien ranger les gens. Car s’ils font plusieurs choses, on se demande s’ils font les choses à moitié ou comme moi par tiers. Mes trois activités sont indissociables. »

Elle n’oublie pas d’évoquer aussi cette forme de l’hiérarchisation des musiciens entre le soliste, le musicien d’orchestre et le professeur. Son expérience en Angleterre et aux Etats-Unis l’autorise à comparer les formations et les cursus. Elle glisse qu’en Angleterre ou en Allemagne, le fait d’être soliste, dans un orchestre ou enseignant est considéré comme une richesse : « C’est une question de vision. On pense que l’approche des différentes techniques permet de mieux appréhender l’instrument. J’ai retrouvé une expression écrite quand j’étais au CM2 où déjà je souhaitais faire plusieurs métiers.»

La violoniste et neuropédagogue Annabelle Berthomé Reynolds Photo JM

La violoniste et neuropédagogue Annabelle Berthomé Reynolds Photo JM

Là où en France, où d’aucuns voient une dispersion quand on a plusieurs cordes à son arc, Annabelle Berthomé-Reynolds y voit une conjonction. Avec, chez elle, comme pierre angulaire, le violon. Elles ne parlent pas seulement de trois métiers mais de trois moteurs à sa vie d’artiste : « Si je ne joue pas du violon, je me sens pas bien, comme je ne sens pas bien si je ne fais pas régulièrement du sport. »

Une vie de concertiste, on imagine aisément comme elle peut être, celle de professeur de musique aussi, la neuropédagogie c’est sans doute plus flou. A ce titre, Annabelle Berthomé-Reynolds s’est formée en Angleterre où elle a déposé une thèse traitant de l’enseignement cognitif et aussi de la façon d’approcher un élève par l’observation et l’ouverture de ses sens pour annihiler les blocages et les fermetures volontaires. Où elle développe au besoin les hémisphères de nos cerveaux. Elle forme aussi des professeurs. Il est aisé de comprendre que sa façon d’enseigner à Roubaix se conjugue à cette technique de la neuropédagogie, elle note qu’en France, malgré les baisses de moyens dans la culture, notre pays est mieux lotis que la plupart des grands pays occidentaux où la musique est une affaire privée ou associative, sauf en Allemagne ou en Suisse, qu’elle cite en exemple.

Elle raconte que Roubaix, du moins, certains jeunes élèves sont devant elle par la seule volonté des parents : « Il y a plusieurs cas. En premier, les élèves qui font du violon par défaut car d’autres classes sont complètes. Ce qui était au départ un choix par défaut peut les amener à devenir de bons violonistes. Certains disent que c’est du hasard, mais je ne crois pas au hasard. D’autres viennent car les parents les obligent, si on perçoit une petite flamme le professeur a juste à souffler sur le braises et l’enfant aimera la musique. Les autres sont totalement fermés et c’est très difficile.»

L’exemple aussi fait partie de son enseignement. Donner des concerts en est un : « Les enfants, surtout ceux des quartiers sont surpris de nous voir en paillettes.

Dans ce sens, Annabelle Berthomé-Reynolds poursuit hors de son école sa façon d’enseigner, elle échafaude une méthode d’apprentissage du violon qui tient compte aussi cette technique : « Je suis maintenant à la recherche d’un éditeur. »

Annabelle Berthomé-Reynolds n’oublie pas aussi la transmission par son violon au travers des concerts ou des enregistrements. Le 23 août prochain, est prévue la sortie sous le label Muso d’un double CD consacré aux sonates de la compositrice polonaise Grazyna Bacewicz (1909-1969).

Bruno ALBERRO

 

Le lien audio d’Annabelle Berthomé-Reynolds

Le coin CD d’Annabelle Berthomé-Reynolds

L’agenda d’Annabelle Berthomé-Reynolds ?

  • Mars 2019 : Répétitions avec Nicolas Bacri, Bruxelles ;
  • Avril 2019 : Répétitions avec Lera Auerbach, New York ;
  • Le 12 Mai 2019 : Concert Violon Seul, Oeuvres de Nicolas Bacri et Lera Auerbach, CRD de Roubaix ;
  • Le 17 Août 2019 : Récital avec Ivan Donchev, piano, Burgas (Bulgarie). Lancement en Avant-Première du disque BACEWICZ à paraitre chez MUSO – Label officiel du Concours Reine Elisabeth ;
  • Le 23 Août 2019 : Sortie du disque Bacewicz : Sonates complètes pour Violon et Piano et les 2 Sonates pour Violon Seul chez MUSO, Ivan Donchev, piano, en collaboration avec le Centre Penderecki en Pologne (double album).V

Renseignement à Annabelle Berthomé-Reynolds