L’Opéra de Marseille présente Turandot de Puccini du 27 avril au 5 mai. Une reprise de la version présentée aux Chorégies d’Orange en 2012, mise en scène par Charles Roubaud. Le Marseillais évoque son métier et son affection au travail en équipe.

Charles Roubaud trompe l’adage comme quoi Nul n’est prophète en son pays. En effet, le Marseillais est invité à mettre en scène Turandot de Puccini dans la maison opératique de la cité phocéenne. Toutefois, il corrige le mot prophète qui lui convient à moitié : « J’ai toujours été gâté à Marseille. Peut-être que j’ai fait aussi du bon travail. Je travaille en artisan. Selon les moyens qu’on me donne, je m’adapte. Des fois il y a des gros budgets, d’autres fois des petits budgets. Tout est question de dosage. C’est vrai que travailler à Marseille, c’est confortable. C’est là où j’ai appris le métier. Je me sens un peu chez moi, en ayant monté ici mes premières mises en scène. »
Il ajoute que de collaborer avec des gens de connaissance, ça facilite la tâche.
Sa vision de son métier n’a pas changé, Charles Roubaud se met au service de la musique afin de déclencher des émotions : « L’opéra, ce n’est que de l’émotion, avec le théâtre le metteur en scène peut intellectualiser le texte, mais pour moi pas à l’opéra, je peux le comprendre au théâtre ou en littérature. Je laisse faire ceux qui le font. De toute façon, l’opéra c’est de de la musique. La plupart du temps, les textes sont pauvres. Tout l’émotion est dans la musique. La mise en scène fonctionne quand elle permet une compréhension de l’opéra. Il faut être en osmose entre la partition, le texte et la mise en scène. Je dis toujours que si le spectateur a eu une émotion quelques secondes, le spectacle est réussi. C’est que l’oreille et l’œil sont en adéquation. »
Ça n’empêche pas Charles Roubaud de livrer sa lecture de l’ouvrage : « Le metteur en scène peut accentuer les caractères de ses personnages, il peut aussi rendre compréhensible certains passages. Car souvent les compositeurs disaient : ça va passer avec la musique. Le metteur en scène fait en sorte que ce qui se passe sur la scène soit cohérent et que le spectateur comprenne. Si on intellectualise au contraire il ne cherche qu’à comprendre et il décroche de l’ouvrage. De fait il est déçu. »
On voit régulièrement les mêmes noms comme réalisateur à ses côtés, Charles Roubaud confie qu’il aime travailler en équipe : « Le rôle du metteur en scène est de donner la direction après c’est du travail d’équipe. Chaque réalisateur apportent ses idées et y met son talent personnel. Je n’aurais pas envie de tout faire moi-même. Chacun nourrit l’autre ; c’est comme dans la vie.»
Pour Turandot, c’est relativement aisé puisque c’est la production présentée aux Chorégies d’Orange en 2017 : « Il faut réduire un peu pour passer d’un immense théâtre ouvert à un théâtre fermé. ».
Charles Roubaud doute d’un possible retour à Orange, même s’il tient la palme des réalisateurs avec onze productions au théâtre antique : « Je ne crois pas que Jean-Louis Grinda fasse appel à moi, et c’est normal. C’est ainsi que ça se passe quand une direction change on veut amener de nouvelles têtes.  Je ne suis pas fâché, c’est normal. »
Clin d’oeil de la programmation phocéenne, cette saison, Charles Roubaud fêtera en différé les 150 ans du festival lyrique orangeois à sa façon, puisque sa prochaine production sera Rigoletto de Verdi ; celle qu’il avait imaginée au théâtre antique en 2017 sera reprise à l’Opéra de Marseille du 1er au 11 juin.

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Bruno ALBERRO
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En bref

  • Du 27 avril au 5 mai, Turandot de Puccini à l’opéra de Marseille mise en scène par Charles Roubaud, dirigé par Roberto Rizzi Brignoli avec Ricarda Merbeth, Ludivine Gombert, Antonello Palombi, Jean Teitgen, Armando Noguera, l’Orchestre et les chœurs de l’Opéra de Marseille et la maîtrise des Bouches-du-Rhône.

Renseignements à l’Opéra de Marseille