Pour cette IXe édition captée depuis le Théâtre antique, l’émission de France 3, Musiques en fête, accueille en tête d’affiche le ténor Roberto Alagna, un habitué régulier des Chorégies d’Orange depuis sa première scène en 1993. Dans son dictionnaire intime, il a mentionné “O” comme Orange. Il aura à ses côtés des jeunes chanteuses comme Valentine Lemercier, Erminie Blondel, Amélie Robins, Armelle Khourdoïan, Fabienne Conrad, Chloé Chaume, Kevin Amiel ou des partenaires réguliers de la scène lyrique comme Patrizia Ciofi ou Béatrice Uria Monzon ou Florian Laconi.

Est-ce que vous prenez Musiques en fête comme une promotion de l’opéra ou comme une fête populaire ?
Disons, l’opéra au service d’un divertissement populaire. C’est avant tout un concert en direct, qui s’adresse sans filtre à tous. C’est formidable que France Télévisions ouvre au plus grand nombre ce lieu d’exception qu’est le Théâtre antique. Que l’art lyrique serve largement ce rendez-vous fait sens. N’est-ce pas le genre populaire par excellence ? Pour moi, il n’y a pas meilleur vecteur d’émotion que la musique et la voix sur une scène. Musiques en fête, c’est une invitation au partage, à la découverte et à la rencontre d’émotions musicales. Et le 19 juin, ce sera une double occasion festive pour moi, parce que je célébrerai aussi l’anniversaire de mon petit-fils Andréa qui soufflera sa 3e bougie !

En 2004, vous chantiez Carmen de Bizet avec Béatrice Uria Monzon. Vous allez interpréter un duo avec elle. Est-il facile de retrouver votre complicité en quelques minutes ?
Non bien sûr, ce n’est pas quelques minutes qu’il nous faut… seulement quelques secondes ! (rires) Avec Béatrice, nous nous connaissons depuis si longtemps que nous nous comprenons sans même nous parler, un regard suffit. C’est une amie véritable et une artiste authentique. C’est toujours avec bonheur que je la retrouve à mes côtés sur une scène.

Dans votre Dictionnaire intime à la lettre O vous avez cité Orange. Qu’est-ce que cette ville et ses habitants représentent pour vous ?
C’est une relation assez unique qui s’est établie entre un artiste et un théâtre, un public, une ville et même un pays, et je tenais à l’évoquer dans mon Dictionnaire intime. Orange et les Orangeois m’ont fait l’honneur de m’adopter. Les habitants ont toujours montré beaucoup d’affection et de bienveillance à mon égard : chaque été c’était un peu « le retour de l’enfant prodigue » du pays. Nous avons tissé des liens très forts à travers ce rendez-vous régulier des Chorégies. Un rendez-vous en forme de challenge, le mont Ventoux de mon tour du monde lyrique en fin de saison ! J’y ai vécu des choses très fortes, des bonheurs intenses, des peines, des injustices et même, des trahisons… Malgré tout je n’ai jamais regretté d’avoir tant donné ce Festival et à ce public. C’est une merveilleuse histoire d’amour dont les prochains chapitres restent peut-être à écrire.

Vous disiez que chanter à Orange était un test physique. Quel est votre test aujourd’hui ?
Passé un certain moment dans une carrière comme la mienne, je crois que le véritable test devient plus mental que physique.

Cette année est une année particulière pour les Chorégies. Auriez-vous aimé participer aux 150 ans du festival lyrique cette année ?
J’y participe d’une certaine façon, puisque pour la première fois en neuf éditions, je monterai sur la scène de Musiques en fête, le concert d’ouverture du festival ! J’avoue cependant que je ne suis pas un grand adepte des commémorations, même s’il m’arrive d’y prendre part, comme je l’ai fait cette année pour les 150 ans de l’Opéra de Vienne.

Bruno ALBERRO

 

Musiques en fête en bref :

Musiques en fête sera diffusé sur France 3 mercredi 19 juin à partir de 20h30. Cette émission de France télévision est réalisé en partenariat avec les Chorégies d’Orange et elle est captée en direct du Théâtre antique.

Renseignement aux Chorégies d’Orange