Vendredi 7 et samedi 8 juin, pour clore la saison des concerts de l’Orchestre régional Avignon-Provence, le chef Samuel Jean dirigera “Splendeur du sacré vénitien” à l’église des Carmes en Avignon, avec la participation de la mezzo-soprano Eloïse Cénac-Morthé qui sera associée à la soprano Marie-Bénédicte Souquet, pour un programme Vivaldi.

Dans la voix du mezzo-soprano Eloïse Cénac-Morthé roule parfois son accent des Hautes-Pyrénées. Elle se trouvera sous les voûtes de l’Eglise des Carmes en Avignon, pour un concert Vivaldi, ce vendredi 7 et samedi 8 juin. Les Pyrénées et ses montagnes, une région où elle retourne pour visiter sa famille et ses amis. Elle confie que les paysages des environs de Tarbes ne lui manquent pas au quotidien, ses amis et ses fréquentations oui et qu’elle va les voir dès qu’elle repose les valises chez elle.

Au conservatoire de Tarbes, Eloïse Cénac-Morthé a découvert le chant lyrique. On pourrait penser que dans la cour d’école elle s’est faite chahuter de ne pas s’intéresser plutôt aux musiques à la mode : « Au contraire, mes amis du lycée se sont montrés plutôt curieux et intrigués. C’est comme ça que je les ai invités à des concerts, alors qu’ils n’auraient pas eu idée d’y aller pour écouter un opéra. Pas un seul ne m’a dit que ça ne lui avait pas plu. Tous ont été entraînés dans l’histoire par la musique. Je pense que les gens ont des a priori par rapport à la musique classique. »

Si le jeune public ne suit pas selon Eloïse Cénac-Morthé, c’est dû à un déficit de publicité : « On constate que les maisons d’opéra et les orchestres font beaucoup d’actions vers des publics qui n’ont pas forcément accès à la musique classique. »

Eloïse Cénac-Morthé fait partie de ce contingent de chanteurs français qui se produisent le plus souvent à l’étranger : « Je ne chante pas en France, ou peu. Sans doute, car j’ai fait mes études en Italie. Ce concert à Avignon est aussi une occasion de me faire connaître. Quand je suis revenue en France, je n’avais pas de contrat, j’ai chanté en Italie et en Allemagne. Je me suis installée à Berlin. » Les habitués des Saisons de la voix de Gordes, présidée par Raymond Duffaut, doivent se souvenir de la venue d’Eloïse Cénac-Morthé au cours de la saison estivale 2017.

Si l’Hexagone l’ignore pour l’instant, Eloïse Cénac-Morthé se réjouit d’avoir passé en Italie pour se perfectionner dans la langue de Dante. Elle a séjourné quatre ans à Modène au sein de l’Académie où enseignait Mirela Freni. Modène, la ville chère à Luciano Pavarotti. Elle conserve de cette expérience, une tendresse dans la voix : « C’est quelqu’un de très accessible tout en étant très exigeante et très humaine. Quand elle chantait parfois à demie-voix pour montrer un exemple, on pouvait constater que musicalement, sa voix était intacte, magnifique, et il se passait quelque chose. »

Ce que la jeune mezzo aimerait serait d’intégrer une troupe en Allemagne : « Il y a l’avantage de la stabilité et de chanter beaucoup de rôles. Le danger, c’est qu’on nous demande des rôles qui ne sont pas encore pour nous et que dans quelques années, ça entraîne des risques. Au moins, maintenant, j’ai le choix d’accepter ou de refuser pour progresser. »

Bruno ALBERRO

 

Où entendre Eloïse Cénac-Morthé ? 

  • Les vendredi 7 et samedi 8 juin à 20h30 à l’Eglise des Carmes à Avignon dans “Splendeur du sacré vénitien” avec la soprano Marie-Bénédicte Souquet, la mezzo Eloïse Cénac-Morthé, le chœur symphonique Avignon-Provence, l’Orchestre régional Avignon-Provence, sous la direction de Samuel Jean. Au programme le Magnificat, Credo et Gloria de Vivaldi.

Renseignement à l’Opéra du Grand-Avignon