Le souffle de la jeunesse s’est répandu aux Chorégies d’Orange samedi soir. Sur la scène du théâtre antique, quelque six cents collégiens de la Région Sud-Provence-Alpes-Côtes d’Azur ont uni leur voix sous la direction du maestro Didier Benetti au pupitre de l’Orchestre régional Avignon-Provence.

Comme en 2017 pour la première édition, l’essentiel de l’heure et demie de spectacle était composé de thématiques de medley, puisé dans le répertoire de la variété, des airs populaires ou d’opéra. Comment assembler Tri Martelod de Try Yann à Alain Souchon, les Beatles ou Maxime Le Forestier ? Demander à Jean-Marie Leau, Victor Jacob signataires des arrangements vocaux et Didier Benetti pour l’orchestration ainsi qu’à Stefano Visconti comme chef de choeur de cette soirée unique.

Une soirée découpée par thème où le cinéma a emporté la ferveur, la séquence italienne a permis de retrouver Paolo Conte ou Adriano Celentano. Les six cents voix ont poussé ensuite en Amérique latine. L’opéra n’a pas été oublié avec la reprise appliquée du Va pensiero de Nabucco de Verdi et à poumons déployés les collégiens sont cadencé La Garde montante de Carmen de Bizet. “Nous marchons la tête haute comme des petits soldats… Les épaules en arrière Et la poitrine en dehors, Les bras de cette manière, Tombant tout le long du corps”, chantaient-ils. Bizet n’aurait pas renié ce choeur d’enfants.

Dans les gradins romains, le public familial était acquis ; un peu trop même, au point que d’aucuns ont lancé des coups sifflets successifs, certes de complaisance voire comme un jeu, sauf que le chef demandait le silence au moment de l’attaque de l’orchestre. Il pensait sans doute que les faux amuseurs finiraient par se lasser, voire de comprendre qu’un temps de concentration est nécessaire. Que nenni, un sifflet malin continuait de sourdre ici ou là. De quoi perdre patience pour le chef d’orchestre. Au point de faire quelques pas dans la cavea pour montrer son mécontentement. La marque du chef rebelle appelant au respect. Ça tombait bien, le chahut précédait l’ouverture de Guillaume Tell, l’opéra de Rossini qui sera donné le 12 juillet. Guillaume Tell, le héros suisse opposé à la vindicte des envahisseurs autrichiens.

Vouloir se faire remarquer pour se faire remarquer avait tourné à l’irrévérence. La leçon silencieuse du maestro a porté puisqu’à chaque nouveau morceau, quand sa baguette était levée, le silence s’est installé.

Bruno ALBERRO

 

Prochain spectacle des Chorégies d’Orange 

  • Le 2 juillet, récital Ramon Vargas ;
  • Le 6 juillet, Nuit espagnole ;
  • Le 8 juillet, récital Le Soleil de Naples ;
  • Le 11 juillet, concert Jeff Mills ;
  • Le 12 juillet, Guillaume Tell de Rossini ;
  • Le 16 juillet, concert Révélations classiques Adami ;
  • Le 17 juillet, Ballet Roméo et Juliette ;
  • Le 20 juillet, gala Netrebko et Eyvazov ;
  • Le 29 juillet, la VIIIe Symphonie de Mahler ;
  • Les 2 et 6 août, Don Giovanni de Mozart ;
  • Le 4 août, Ciné-concert avec Jean-François Zygel.

Renseignement aux Chorégies d’Orange