La pianiste Suzana Bartal est à l’affiche du festival Liszt-en-Provence d’Uchaux en Vaucluse où elle se produira le 11 août. Née dans une famille hongroise en Roumanie, elle a découvert la piano à huit ans, exécuté son premier concert à 11 ans, nourrie de cette double culture et ayant profité de la rigoureuse éducation installée dans les anciens pays communistes.

Suzana Bartal a suivi un parcours singulier, il a commencé avec sa naissance en Roumanie dans l’enclave hongroise de la ville de Timișoara. La pianiste installée en France et qui vient d’obtenir la nationalité française, se réjouit d’avoir grandi avec ces deux cultures, ses deux langues. Comme elle a découvert à huit ans le piano, presque sur le tard quand le régime soviétique disposait dès la tendre enfance d’école pour travailler conjointement les manuels scolaires et les partitions : « Je suis allée dans une école primaire normale, et je me suis accrochée pour rejoindre une école où les enfants désiraient devenir professionnels que ce soit dans la musique, le sport ou les arts plastiques. Je ne venais pas d’une famille de musiciens. Quand les enfants voulaient faire des jeux de leur âge, moi je voulais jouer du piano. Il n’y a que ça qui m’intéressait. Je savais exactement ce que je voulais faire plus tard. »

La pianiste Suzana Bartal sera en concert à Liszt en Provence.

La pianiste Suzana Bartal sera en concert à Liszt en Provence. Photo Jean-Baptiste Millot

Elle glisse qu’elle est plutôt fière que le mouvement de contestation du régime communiste soit parti de sa ville « C’est de là qu’a soufflé le vent de la liberté. Sans doute, car elle est située plus à l’Ouest, à l’Occident. Ce qui ne l’empêche pas d’affirmer que le mode éducatif bas sur la rigueur et la qualité a permis d’atteindre un niveau élevé de connaissance. »

Suzana Bartal glisse que dans sa nouvelle école, avec des cours distribués en allemand, ceux de musique représentaient 10 à 12 heures hebdomadaire, incluant l’histoire de l’art, l’enseignement ou la pratique musicale. Elève précoce, Suzana Bartal ? sans nul doute avec un premier concert à 11 ans  et à 13 ans avec un orchestre : « C’était un bon système pour devenir professionnelle. »

De cette prime enfance à travailler et répéter, elle a forgé son envie : « C’est un conseil que je donne, pour faire ce métier, il faut être très motivé, ce n’est pas un choix facile. Si l’enfant a quelques réticences il vaut mieux arrêter. »

Suzana Bartal ne cache pas que la seule motivation pour réussir ne suffit pas : « Plus que la capacité, il faut aussi un coup de chance et parvenir à durcir une carapace contre le stress. Ce doit être la passion d’une vie.»

Suzana Bartal convient que l’équilibre est à trouver et que la famille et l’entourage y participent : « Avec mon mari, compositeur on se comprend. Il faut savoir qu’au lieu de week-end on sera ensemble le mercredi ou jeudi, qu’on prendra des vacances en mars au lieu de l’été. Car l’été est le mois le plus chargé. Il faut bien comprendre ce mode de vie. Maintenant il faut être lucide et savoir planifier des pauses et là j’ai appris à refuser des concerts. Je me rends compte qu’après une interruption je joue souvent mieux. »

A Liszt–en-Provence, festival organisé par Thérèse Français, Suzana Bartal jouera… Liszt avec un clin d’œil aux Chorégies d’Orange qui viendra de baisser le rideau et de souffler les 150 bougies de son existence : « Dans la programmation du festival lyrique, il y a Guillaume Tell de Rossini. Et Liszt évoque cet opéra dans la Chapelle de Guillaume Tell qui fait partie de son cycle Les Années de pèlerinage. A coté il a aussi transcrit pour piano l’Ouverture de cet opéra de Rossini. De Rossini aussi, il a transcrit “La chanson du Gondolier”, extraite d’Otello. »

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Bruno ALBERRO

Photos Jean-Baptiste Millot

 

Où écouter Suzana Bartal ?

  • Du 30 juin au 6 juillet à Helsinki au Chamber Music Festival ;
  • Du 7 juillet au 15 juillet à Fejoes Chamber Music Festival, Danemark ;
  • Le 24 juillet au Festival ArtenetrA, à la Celles-sur-Belle en récital Liszt ;
  • Le 1er août au Festival Sérénades à Surgères, France en concert avec Frédéric Moreau, violon pour un programme Beethoven, Franck, Ravel ;
  • Le 2 août au Festival Sérénades à Surgères, France en récital solo pour un programme Beethoven et Clara Schumann
  • Le 3 août au festival Sérénades à Surgères, France en concert avec Pierre Lenert, Frédéric Moreau pour un programme Tanguy, Franck ;
  • Le 11 août au festival Liszt en Provence en récital pour un programme Liszt.

Renseignement à Suzana Bartal

 

Le festival Liszt-en-Provence en bref

  • Le 21 juillet à 19h30, soirée d’ouverture avec Vérène Andronikof, soprano ; Alexey Lundin, violon ; Vytautas Sondeckis, violoncelle ; Tatiana Fedoseeva, piano. Au programme Liszt – “Orphée” (trio) ; Berlioz – Nuits d’été (acc. piano et violoncelle) ; Saint-Saëns – Introduction et Rondo Capriccioso (violon, piano) ; Liszt – “Tristia” (trio) ; Bizet / Sarasate – Fantaisie sur Carmen (a quattro).
  • Le 4 août à 21 heures Daniel Petrica Ciobanu pour un programme Mozart, Liszt Moussorgski ;
  • Le 11 août à 21 heures, Suzana Bartal en récital. Au programme Liszt, Rossini, Liszt ;
  • Le dimanche 8 septembre à 20h30, Alexandre Kantorow pour un programme Bach, Beethoven, Saint-Saëns, Liszt… ;
  • Le 22 septembre à 18 heures, François Pineau-Benois et Goran Filipec pour un programme Paganini, Liszt, Besoni, Friedman.
  • Le dimanche 20 octobre à 18 heures Frédérik Haas dans un programme Bach, Couperin…

Renseignement à Liszt-en-Provence