La pianiste Ayaka Niwano accompagnera la soprano Ludivine Gombert, en concert aux Musicales de Gadagne en Vaucluse ce dimanche 13 octobre. Le duo se reconstituera en décembre pour un autre récital en Italie, cette fois.

« Je ne considère pas que chef de chant et pianiste accompagnateur soit un travail de l’ombre ».  Ayaka Niwano réfléchit à la question avant d’apporter sa réponse : « Et même quand j’accompagne des chanteurs, le pianiste n’est pas dans l’ombre, même si le public vient pour le chanteur. Mais on forme un véritable duo. Pour cela, il faut la passion et l’humanité.» Dimanche, elle retrouvera la soprano avignonnaise Ludivine Gombert pour un concert à Châteauneuf-de-Gadagne en Vaucluse : « Nous nous sommes connues à une audition au Centre français de promotion lyrique. Nous nous sommes bien entendues. »

La pianiste Ayaka Niwano photo crédit Aliosha

La pianiste Ayaka Niwano accompagnera la soprano Ludivine Gombert. Photo crédit Aliosha ÄParis

Formé à l’école japonaise, Ayaka  Niwano est arrivée en France il y a treize ans. Elle a commencé le piano à quatre ans. Elle donne des raisons à sa venue dans le Vieux continent : « C’est la jeunesse qui nous pousse à partir mais ce n’est pas facile de quitter son pays. Il y a l’ambition aussi, la curiosité et l’envie de découvrir d’autres cultures. » Plus de dix ans ont passé, ce qui laisse le temps à Ayaka Niwano de prendre du recul : «A Paris, il y a beaucoup d’étrangers, venant de partout. je rentre dans mon pays une fois par an mais j’ai le sentiment de me sentir plus étrangère au Japon qu’en France.
Pianiste accompagnateur, Ayaka Niwano a découvert cette facette en France : « Au Japon, c’est déconsidéré. Il n’y a pas de classe pour apprendre. On dit que c’est pour les mauvais pianistes. J’ai découvert que c’était très différent. J’en ai fait mon choix après avoir travaillé à l’opéra de Paris, comme chef de chant. Ça nécessite des connaissances solides et être capable de faire des recherches sur l’opéra. Ça m’a beaucoup intéressée. » Cet intérêt, Ayaka Niwano l’a traduit en intégrant le Conservatoire supérieur de musique de Lyon. Et maintenant en donnant des cours de cette discipline en conservatoire : « Je fais travailler mes élèves à la japonaise. Quand je les ai avec moi, je n’ai pas à leur apprendre le piano, mais à accompagner des chanteurs. Je fais chercher la musicalité pour travailler ensemble avec le chanteur. Je crois que la différence de l’enseignement de la musique entre la France et le Japon, c’est qu’en France on donne à l’élève la notion de plaisir. »
La pianiste souligne qu‘au Japon et dans l’Asie du Sud-Est la musique classique se développe de plus en plus : « Elle est intégrée à la culture asiatique, même si cela concerne les gens évolués pour prendre des cours de musique. Au Japon, les écoles de musique ouvertes à tout le monde n’existent pas. A la maison, on avait un piano droit, on entend de la musique classique à la télévision. »

Bruno ALBERRO

 

Photos crédit Aliosha.

Où entendre Ayaka Niwano ?

  • Le 12 octobre en accompagnement de la master class de Daniel Ottevaere, dans le cadre des 100 ans de l’Ecole Normale de musique de Paris ;
  • Le 13 octobre en concert avec Ludivine Gombert (soprano), Les Musicales de Gadagne ;
  • Le 16 novembre en récital piano à Lyons-La-Forêt (concert privé) ;
  • Les 29 et 30 novembre en concert “Nuit Américaine” par le symphonique des enseignants des conservatoires dans l’Est Ensemble, direction Olivier Holt à Noisy-le-Sec et Bondy ;
  • Le 15 décembre en concert avec Ludivine Gombert (soprano) en Italie ;
  • En avril 2020 comme chef de chant pour la production de “Madama Butterfly” de Puccini à l’Opéra Grand Avignon.

Renseignement à Ayaka Niwano