La raison est aux économies, voire à la rentabilité et aux bénéfices. C’est l’objectif fixé par Jean-Louis Grinda, directeur des Chorégies d’Orange. Il a dévoilé hier la programmation de l’édition 2020 en expliquant que les fastes du 150e anniversaire du festival lyrique sont derrière et qu’il lui faut penser à l’avenir.

Pour sa troisième saison pleine, qui se veut populaire, Jean-Louis Grinda poursuit sa stratégie qui consiste à ne donner une production qu’une fois et à varier les plaisirs en renouvelant les genres.

Ce sera le cas le vendredi 10 juillet avec Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns qui signe le retour du ténor Roberto Alagna. Il aura comme partenaire de scène l’alto canadienne Marie-Nicole Lemieux. Ce duo composait avec succès la production de El Trovatore, ici même au théâtre antique, donné en 2015. L’ouvrage de Verdi avait remplacé “Samson et Dalida” initialement annoncé. Le baryton Ludovic Tézier, la basse Nicolas Cavallier, le ténor Christophe Berry sont aussi de cette distribution. Ils seront dirigés par Yves Abel au pupitre de l’Orchestre philharmonique de Radio-France.
La surprise pour un festival de la dimension des Chorégies d’Orange est de présenter un opéra avec une mise en espace. Cette primeur aura lieu le samedi 1er août pour la clôture de cette édition. Ce n’est pas une mise en scène et pas non plus une version concertante. Pas de décor. Mais une belle distribution avec la soprano hollandaise Eva-Maria Westbroek. Elle avait dû annuler son récital de l’édition 2018 pour raison de santé. Elle partagera le plateau avec le baryton Amartuvshin Enkhbat. Un Mongole imposant. A leurs côtés on retrouvera des habitués à Orange comme Jean-Marie Delpas ou Marie Karall. L’Orchestre national de France sera dirigé par le chef italien Nicola Liusotti.
Les bonnes surprises sont à regarder du côté des concerts avec le lundi 22 juin, la venue d’un violoniste atypique comme le Serbe Nemanja Radulovic à la tête de son ensemble Double sens.

Autre moment, autre registre le jeudi 9 juillet, avec le violon plus académique de Maxim Vengerov qui jouera le Concerto de Brahms sous la direction de Myung Whun Chung. Le virtuose russe avait foulé la scène romaine en 2004 pour interpréter le concerto n°2 de Ravel. Quant au chef coréen les gradins se souviennent de la direction du Requiem de Mozart ou de sa symphonie n° 3 de Saint-Saëns. Après le concerto, cette fois il dirigera la Ve symphonie de Beethoven. Un monument de la symphonie dans ce répertoire immense.

La danse maintient sa place à l’affiche le jeudi 16 juillet avec le retour du Ballet Béjart Lausanne qui interprétera les musiques de Queen du rocker Freddy Mercury.

Après la nuit russe et la nuit italienne, la soirée du 24 juillet aura des parfums d’Italie avec la présence de Cécilia Bartoli et les musiciens du Prince-Monaco. Jean-Louis Grinda a révélé que c’était la première fois que la mezzo renommée chantera en plein air.

Cordons de la bourse serrés, il n’y aura qu’un seul concert à la cour Saint-Louis avec celui des huit artistes Révélations classiques de l’Adami dont la soprano Amandine Ammirati, la mezzo Lise Mougier, le ténor Sahi Ratia et le baryton Timothée Vinour.

Cette 151e édition débutera par Musiques en fête à une date encore à révéler. Ce sera les 10 ans de cette émission de France Télévision captée en direct du théâtre antique d’Orange.

Bruno ALBERRO

 

Renseignement aux Chorégies d’Orange