Une pointe d’accent relève son origine russe masque son nom patronymique. La soprano Karine Desbordes évoque le destin qui l’a transportée à Paris. Elle dit aimer les capitales et les villes. Elle parle de la musique et l’âme slave, celle des Chopin ou Rachmaninov.

Si la soprano russe, Karina Desbordes vit à Paris, ce n’est pas son choix c’est le destin qui l’a dirigée de Moscou en France. Du moins elle l’explique ainsi : « Je n’ai pas réfléchi à ce signe du destin, quand on voyage beaucoup, il faut un endroit où vivre. Paris est au centre et c’est une capitale. J’aime les capitales, ça bouge beaucoup, ça vit tout le temps.»
Elle raconte qu’elle met à profit ses voyages pour visiter les centres historiques d’où elle se produit : « Je me renseigne sur ce qu’il y a d’intéressant à voir, que ce soient les collections dans les musées ou pour entre dans les églises ou châteaux. Et aussi de goûter aux spécialités locales. »

Karina Desbordes photo Julien Daniel

Karina Desbordes Photo Julien Daniel

Pour la cantatrice, à l’époque de la mondialisation, les capitales se ressemblent aujourd’hui : « Il y a peu de différences, même si les cultures de chaque pays sont particulières. Je trouve qu’entre Moscou et Paris il existe beaucoup de liens. Ils sont anciens entre les deux pays. Quand je lis Tolstoï, la moitié du livre est écrit en français. »  
Elle ajoute qu’elle rentre souvent dans son pays natal : « J’ai besoin de retrouver ma famille et mes amis. » Elle se donne du mal pour livrer sa définition de l’âme slave : « C’est difficile à définir. Il y a un côté romantique, nostalgique. C’est lié à ces espaces très grands, comme le ciel ou la nature. Je pense aussi à la générosité et à la poésie. Chopin et Rachmaninov résument l’âme slave. »
Pour Karina Desbordes, on ne peut plus dire qu’il existe une école russe, française ou italienne, elle évoque aussi l’effet de la mondialisation dans le monde de la musique : «On suit beaucoup de master classes, on a la possibilité avec Internet d’écouter des artistes du monde entier. La différence entre la France et la Russie, c’est que les élèves ont cours une fois par semaine, contre deux fois en Russie et que la musique tient une place importante et qu’elle est accessible à tous ceux qui le veulent. »
Karina Desbordes dit ne pas craindre la solitude : « C’est peut être différent pour un pianiste. Quand on chante, on est accompagné, et on a besoin de compagnie pour créer, quelle que soit la taille de la formation d’un orchestre à un piano ou un guitare. Je dirais que la solitude est une discipline à avoir et quoi que nous fassions on a besoin d’être discipliné. »
Du coup, Karina Desbordes résume la définition d’une diva en un seul mot : « Je dirais “Sacrifice”. »

Bruno ALBERRO

 

La vidéo de Karina Desbordes

Où entendre Karina Desbordes ?

  • Le 7 janvier à Budapest en concert avec la mezzo-soprano hongroise Klara Csordas et le pianiste Miclos Harazdy. Au programme des airs et duos d’opéra français et russe extraits d’Halevy, Berlioz, Massenet, Glinka, Tchaikovsky, Prokofiev, Rachmaninov . Karines Desbordes interprètera les airs de Eudoxie (la Juive de Halevy), Thaïs (Massenet), Francesca (Francesca da Rimini de Rachmaninov), Antonida ( Ivan Soussanin de Glinka) et Tsarine de Shemakha ( Coq d’or de Rimski-Korsakov). 

Renseignement à Karina Desbordes