Il existe différentes de s’exprimer. A chacun la sienne. Bartu Elçi-Özsoy a seize ans et il est musicien, c’est par son art sa façon de transmettre ses joies et ses peines. Ses inquiétudes face au monde qui nous entoure. Né et ayant grandi son enfance en Turquie, il a suivi son professeur en France en août 2015.

Il confie qu’en France il a pris conscience des risques environnementaux qui menacent notre planète. Dans le lignage de la jeune Suédoise Greta Thunberg, Bartu Elçi-Ozsoy s’inquiète du changement climatique : « L’équilibre du monde est fragile. Je suis préoccupé aussi par les différents conflits. » Il n’hésite par à reprendre pour sienne la citation d’Albert Camus : « Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. »

Il est des enfants précoces, préféré à prodiges : « J’ai commencé le violon à quatre ans et j’ai fait ma première composition à cinq ans. » Dès qu’il a commencé à apprendre le solfège et à poser des notes sur une portée quand il entendait de la musique.

Il ajoute qu’il avait douze ans quand le président des USA a reçu un de ses opus: Space after rain, une composition pour piano. Il glisse qu’à seize ans il écrivait sa première symphonie et qu’il l’a dirigée ce 28 mai dernier et qu’il avait précédé du Concerto de Mendelssohn.

Il explique que sa symphonie était une façon de réagir face à ce qu’il appelle la destruction du monde. Il écrit d’ailleurs en didascalie de cette pièce : « J’ai écrit la symphonie « Il était une fois à Paris » en hommage à une époque où l’environnement artificiel s’harmonisait avec l’environnement naturel. »
Il explique  sa démarche : « Je suis engagé. La symphonie dit ce je pense. Je trouve que le monde change trop vite et qu’on oublie l’harmonie avec la nature. Mais je ne suis pas militant, je m’interroge à ces sujets et je traduis mes inquiétudes par la musique. Avec ma symphonie, je rends hommage aux compositeurs du début du XXe siècle. J’ai une grande passion pour les autres arts et la beauté de la nature. »

La musique lui prend tout son temps, Bartu Elçi-Ozsoy aimerait en disposer de plus pour composer, même s’il annonce qu’un concerto pour violon est en écriture, sans dire pour le moment s’il se le dédicace pour la première au public.

Pour l’instant il partage ses horaires plein remplis entre ses cours d’harmonisation et d’écriture, ceux d’analyse musicale et maintenant de direction d’orchestre : « J’y consacre une heure ou une heure et demi par jour. » Il a reçu le concours du maestro Jean-Claude Casadesus, ancien chef de l’Orchestre national de Lille : « Il prête beaucoup d’intérêt à ce que je fais, c’est mon mentor. »

Bruno ALBERRO

 

La vidéo de Bartu Elçi-Özsoy

Où entendre et voir Bartu Elçi-Özsoy

  • les 1er et 2 février au Mans, avec l’Ensemble instrumental de l’orchestre “Concerts du Mans” où j’ai été invité à me produire en tant que violoniste et chef d’orchestre. Ils sont organisés par l’Association A.D.O.R.A.M.U.S. (“Association pour le Développement d’un Orchestre en Résidence, de l’Art, de la Musique, d’une Union Symphonique”).

Rencontre avec Bartu Elçi-Özsoy