La mezzo Gabrielle Savelli peaufine son programme afin de participer au 12e Concours international de la mélodie organisé par des Saisons de la voix à Gordes les 28 et 29 mars. La native d’Apt viendra en voisine.

La mezzo Gabrielle Savelli le crédit photo Clémence Demesme

La mezzo Gabrielle Savelli prépare le concours international de la mélodie à Gordes, organisée par Les Saisons de la voix.

Quand d’aucuns disent que les zones rurales sont isolées, éloignées des pôles culturels d’excellence, la mezzo Gabrielle Savelli en témoigne. La native d’Apt, encore adolescente, ne pouvant se rendre à Avignon en bus pour suivre les cours d’un conservatoire à rayonnement régional. Mais à quelque chose malheur est bon, dit l’adage : « J’ai attendu dix-huit ans et je suis venue à la Sorbonne à Paris pour suivre des cours de musicologie. » Au départ c’était pour continuer la flûte traversière qu’elle a commencée à la sous-préfecture de Vaucluse : « Je pense que ça aurait été plus simple si j’avais habité Paris ou sa banlieue.  D’un autre côté, ça forge le caractère. »
Un caractère accompagné de l’attention de ses parents, comme l’explique la jeune fille : «Mes parents ne sont pas musiciens, mais ils m’ont toujours encouragée. Ma mère est artiste-peintre, ça m’a facilité les choses. Je n’ai pas eu à la convaincre de me laisser suivre ma voie artistique. Elle m’a aidée aussi les premières années. J’avais une bourse, des aides de la CAF pour le loyer et je faisais des petits boulots. » Alors, la jeune cantatrice a pris son temps à l’école de la patience. Plus encore comme mezzo : « Chez les sopranos, à 25 ans, la voix est préparée pour commencer une carrière. Pour nous, les mezzos, c’est un peu plus long. » Ses chemins détournés l’ont conduite sur la scène en rejoignant le Chœur de l’opéra de Paris ou celui de Radio France : « C’est une bonne expérience, on apprend à bouger sur un plateau, c’est très formateur. » Gabrielle Savelli s’est donné comme ambition de devenir soliste : « Pour l’instant, ça va, en termes de dates. Et même pour un an, ça va, je peux vivre de la musique. Mais dans dix ans ?  Je ne sais pas… Mon rêve serait de vivre de la musique et que ça dure le plus longtemps possible. Si je ne peux pas rester soliste, je peux toujours passer des concours pour devenir choristes.»
Alors, pour atteindre son rêve, elle peaufine sa formation en s’inscrivant à des concours, comme celui des Saisons de la voix qui se déroulera les 28 et 29 mars, présidé par Béatrice Uria-Monzon, mezzo comme elle : « De toute façon, un jury est toujours impressionnant. Le fait de chanter à côté de chez moi me complique les choses. »
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Photos crédit Clémence Demesme.

Où entendre Gabrielle Savelli ?

  • Le 25 février, dans le rôle de la Mère,  dans l’opéra Maria Golovine de Menotti, au Théâtre Le Sel, à Sèvres, dans une mise en scène de Spencer McAndrew, avec la compagnie Le Souffle D’Orphée. 
  • Le 17 et 25 juin au Temple des Batignolles à Paris, en récital sous la direction de Daniel Gàlvez-Vallejo. Au programme, de la musique sacrée extraite de “Lux Aeterna” de Verdi et de l’Agnus Dei de Bizet.

Renseignement à Gabrielle Savelli