Opus 77 fait penser à une œuvre musicale. Plus particulièrement au monumental concerto pour violon de Dimitri Chostakovich. C’est aussi un roman sorti chez Viviane Hamy signé Alexis Ragougneau, où il décrit une facette de l’univers de la musique. L’auteur est l’invité de la librairie Orange bleue à Orange ce vendredi 20 mars.

Opus 77 est un roman d’Alexis Ragougneau. Certes l’intrigue se déroule dans une famille de musiciens sous l’autorité du père, ancien pianiste virtuose, devenu chef d’orchestre. La fille suit les traces de son père, comme pianiste du moins ; le fils dissident s’est consacré au violon. Opus 77 guide le lecteur vers la littérature éponyme de Chostakovitch dont les notes jalonnent l’enquête jusqu’au dénouement. Alexis Ragougneau s’est fait connaître comme auteur de théâtre avant de se lancer dans le roman policier comme en témoignent des deux  ouvrages précédents. Dans Opus 77 il a confondu ses deux sensibilités : « Le roman est construit comme une enquête et les personnages sont mis en scène. Il y a entre eux un rapport de forces. On peut faire un parallèle entre la dictature qu’a vécu Chostakovitch dans un pays continent comme la Russie et ce que vivent les musiciens sous l’autorité d’un chef d’orchestre. Lui aussi est un homme d’image et c’est un homme de pouvoir. »
Opus 77 traduit l’émotion après l’écoute de cette littérature du compositeur russe datant de 1947-1948. L’écrivain assure avoir voulu écrire pour tous, initiés, ou non-initiés à la musique  classique : « Ce n’est pas un documentaire, c’est un roman et une fiction et j’ai souhaité employer des mots simples, compris de tous. »
Néanmoins, Alexis Ragougneau a collecté détails, sensations, impressions et informations auprès de musiciens. Il a enquêté auprès d’interprètes comme la violoniste Solenne Païdassi : « Elle a moins de trente ans et elle a fait beaucoup de concours internationaux. D’autres m’ont dit aussi leur ressenti au moment de ces concours. Avant d’envoyer le manuscrit à mon éditeur je l’ai transmis aux musiciens pour corriger certains détails. Pour écrire mes romans policiers, je m’étais aussi informé sur les procédures judiciaires. Dans Opus 77, je n’ai pas agi différemment  avant de traiter l’histoire à la manière d’un romancier. Je voulais raconter une histoire qui ne soit pas réservée aux mélomanes. »
Pour peindre ses concertistes ou solistes, Alexis Ragougneau  glisse qu’il les imagine comme des personnages de théâtre : « Le soliste est comme un acteur. Il est fragile dans sa position debout proche de la scène et le violon aussi est instrument fragile. Je tiens à l’aspect d’une fable. »
Alexis Ragougneau confie ne pas avoir repris la plume depuis la sortie de ce roman, pour l’instant il se consacre à des rencontres avec les lecteurs : « Je n’écris pas tant que le livre précédent n’est pas sorti. Maintenant, c’est important pour moi d’avoir des retours et d’être dans l’échange, après la solitude de l’écriture.  Je n’oublie pas mes personnages, je peux en parler, ils font toujours partie de moi.»

Bruno ALBERRO

 

Photos crédit Sébastien Leban

Où rencontrer Alexis Ragougneau ?

  • Le vendredi 20 mars à 19 heures à la librairie Orange Bleue à Orange ;

Renseignement à Orange bleue