« Au début, j’avais très envie de devenir chanteuse », confie la soprano Caroline Raybaudi. Pourquoi se limiter quand on peut faire deux choses que l’on aime, voire même les fusionner ? C’est son parti-pris  : elle est à la fois comédienne et cantatrice. Par chance, l’opéra réunit ces deux formes. A cette palette gourmande, elle n’oublie pas les spectacles pour enfants comme “Les comptines de Capucine”, spectacle de Michaël Marche, qu’elle reprend. 

Sa vie sur scène a commencé à douze ans, se souvient Caroline Raybaudi : « C’était suite à une commande d’un opéra – ” Un monde nouveau” de Francis Coiteux-, et on a proposé aux enfants du conservatoire de Troyes de participer à cette création. Cette première expérience a été l’élément déclencheur. De fil en aiguille, je suis arrivée à faire du théâtre et du cinéma. C’était une suite logique d’associer l’image à la musique. C’est difficile de choisir entre ces différentes formes. J’aime l’art et je suis une gourmande.»

Elle glisse que chanter ou jouer, c’est toujours être dans la transmission et l’émotion.

La soprano Caroline Raybaudi interprète et signe le clip lyrique "Serins, merles et perroquets, approchez !". Photo crédit Sébastien Lane.

La soprano Caroline Raybaudi interprète et signe le clip lyrique “Serins, merles et perroquets, approchez !”. Photo crédit Sébastien Lane.

Dans une société, où on aime bien placer les personnes dans des cases, Caroline Raybaudi se trouve bien là on ne l’attend pas forcément. Exemple son nom déroulant au générique du film “Une enfance” de Philippe Claudel où elle joue le rôle d’une assistante sociale : « Cette expérience très enrichissante avec Philippe Claudel et aussi la vingtaine de rôles que j’ai joué préalablement dans différents courts-métrages m’ont donné envie d’aller encore plus loin dans la transversalité artistique, travail qui me tient très à coeur. Depuis mon enfance, je suis passionnée par la comédie musicale filmée en décor réel. C’est pourquoi je me suis lancée dans la réalisation de mes propres clips en décor réel ce qui me permet de créer une synergie entre : chant, comédie et cinéma. Par exemple : le clip lyrique “Serins, merles et perroquets, approchez !”dont j’ai signé la réalisation, mais que j’interprète aussi comme chanteuse et comédienne. Pour ce clip, j’avais préalablement écrit les paroles qui ont été mises en musique par le compositeur Francis Coiteux sous la forme d’une mélodie (NDLR : éditée chez Fertile Plaine. Référence  FP 2645). » D’ailleurs, un autre est en cours de préparation. Caroline Raybaudi n’en dira pas plus pour l’instant.

Artiste multicartes n’est pas suffisant pour rayonner, ça nécessite d’autres atouts qu’il faut valoriser pour vivre de son métier : ses capacités artistiques il faut ajouter communicant, voire commercial… Pour se faire connaître, explique Caroline Raybaudi : « Le bouche-à-oreille c’est un moyen ; ça fonctionne bien, mais il faut aussi démarcher. La diffusion fait suite à la création. Et il est toujours important de toucher un maximum de gens et de chercher de nouveaux publics. »

On s’attend à ce qu’elle dise que ses journées sont bien occupées, mais c’est plus que ça : « C’est chronophage, mais c’est sympa d’être multi-casquettes. Les week-ends, les vacances, j’ai oublié ce que c’était. En même temps, c’est un métier de passion et plus il y a de projets, plus il y a de connexions et plus ça m’intéresse. Le côté démarchage donne une image de vente, mais je trouve intéressant aussi de se faire connaître, de pouvoir discuter avec pour faire acheter un spectacle.»

Caroline Raybaudi dans Les Comptines de Capucine

Caroline Raybaudi dans Les Comptines de Capucine de Michael Marche, produit par LyriCiné.

Caroline Raybaudi n’oublie pas qu’il existe une concurrence dans ce monde artistique : « Ce n’est pas un métier facile, c’est rude et il faut s’accrocher face à des artistes qui viennent du monde entier, surtout parmi les sopranos. Je chante ce que je peux chanter, je ne cherche pas à me mettre en difficulté. »

Se sent-elle en capacité de refuser un rôle ? « C’est difficile à dire. Mais si je n’en suis pas capable je préfère refuser. Refuser, c’est une mesure de protection. »

Pour l’instant, Caroline Raybaudi se nourrit de projets comme cette reprise du spectacle de Michael Marche, produit par LyriCiné : Les Comptines de Capucine : « On peut penser que ça s’adresse aux petits. Ils ont cette spontanéité spécifique aux enfants, pour ce genre de spectacle ; mais comme ils ne viennent pas seuls, les adultes se prennent aussi au jeu. »

 

Bruno ALBERRO

 

Photo Olivier ALLARD

La vidéo de Caroline Raybaudi 

L’agenda de Caroline Raybaudi

Renseignement à Caroline Raybaudi