Agrégée en musicologie, Gaëlle Mallada découvre le chant lyrique à 25 ans et entame une reconversion. Exit le professorat, exit son doctorat, bonjour la scène. La mezzo-soprano se consacre à une carrière lyrique.

Oser et respecter ! Ces deux mots résument Gaëlle Mallada. Un petit verbe de quatre lettres, un autre de sept lettres, ô combien riches de sens à écouter la mezzo-soprano. Jacques Brel disait que le plus difficile n’était pas d’arriver en Australie, c’était de quitter son village. A croire qu’elle a suivi ce trait philosophique du poète-chanteur belge.

La mezzo Gaëlle Mallada. Photo crédit Christine Ledroit-Perrin

La mezzo Gaëlle Mallada. Photo crédit Christine Ledroit-Perrin

Elle aurait pu faire une carrière de professeur de musique, les fées de la connaissance et du savoir s’étaient penchées sur son berceau. Voire de pâtissière ! Si on en croit les photos de ces œuvres postés sur les réseaux sociaux qu’elle préparait à la demande pour des anniversaires. Avec comme décor du caramel dessinant une clef de sol, pour me souvenir de celui-ci. Plutôt appétissant, ma foi ! Mais foin de la gourmandise, revenons à la musique.

Imaginez, agrégée de musicologie à 25 ans, doctorante, elle délaisse ses études et devient saltimbanque. D’aucuns auraient pu s’inquiéter, penser que quitter une vie bien rangée pouvait suffire à son bonheur. C’était sans compter sur les méandres du chemin.

La vie est une suite de rencontres, celle avec Lionel Sarrazin s’est révélée déterminante pour Gaëlle Mallada. Elle a décidé de sa nouvelle vie. Déjà de tout reprendre en découvrant qu’elle avait une voix : « Cette rencontre aurait pu arriver plus tôt. »

En tout cas, en empruntant un chemin artistique, Gaëlle Mallada n’ambitionne pas de devenir professeur de musique dans un établissement scolaire, tout du moins. Un sentiment qu’elle ponctue d’un “surtout-pas” déterminé. Pourtant, elle donne des cours particuliers et plus tard enseigner dans un conservatoire se discuterait : « Il faut une présence continue. Je connais les difficultés puisque je me suis trouvée dans les deux positions de l’enseignant et de l’élève. Quand j’ai passé quelques années à Berlin, je prenais des cours par visioconférence. On n’entend pas tout, c’est mieux que rien, mais ce n’est pas l’idéal. »

Deux dates espérées cet été au festival de l’Abbaye de Sylvanès

Ce retour à la normale, ou presque, Gaëlle Mallada l’espère ; elle salue l’investissement et la volonté des organisateurs de festivals d’été de maintenir leur rendez-vous. Elle espère que les deux dates à l’abbaye de Sylvanès seront affichées même si le programme a changé : « Il y avait des mesures à prendre. Nous devions chanter le Requiem de Mozart, mais la  présence du chœur n’est pas possible. Même si je comprends les mesures en place et qu’on s’incline devant les décisions prises, même si le temps est mis à profit pour travailler et réfléchir sur le long terme, même si on devient philosophe ne pas se produire sur scène est un déchirement.»

La mezzo Gaëlle Mallada. Photo crédit Christine Ledroit-Perrin

La mezzo Gaëlle Mallada. Photo crédit Christine Ledroit-Perrin

Avec d’autres artistes chanteurs, Gaëlle Mallada s’est investie dans l’organisation d’un festival qui se déroulera dans sa ville de Saint-Ouen : « Cette situation nous oblige à être inventif, sur le court terme. Notre festival s’appelle “Saint-Ouen en scène”. On jouera et chantera au pied des immeubles. Nous devons nous adapter pour partager notre art. Nous apportons la culture, sans que les gens aient besoin de se déplacer. Nous sommes en attente de subventions, notre budget est verrouillé et le festival aura lieu fin août. Les paillettes des concerts sont aussi importantes. »

Si comme on le voit Gaëlle Mallada veut soutenir l’activité lyrique, elle fait mauvaise fortune bon cœur de cette situation singulière en se glissant dans la peau de personnages qui l’attirent et en s’essayant à certains rôles qui l’attirent. Elle cite Pénélope de l’Opéra de Monteverdi ou Pauline de la Dame de Pique de Tchaïkovski : « C’est nécessaire pour un artiste chanteur de devoir chanter, c’est une force intérieure qui nous pousse. »

Elle précise que les conditions actuelles ne sont pas idéales, surtout pour le voisinage : « La question est : est-ce que je peux travailler chez moi ? Quand on est dans un immeuble je comprends que ce n’est pas agréable d’écouter des artistes travailler, répéter les mêmes morceaux, faire des canards, car quand on travaille chez soi, c’est un laboratoire, pas un produit fini. »

Bruno ALBERRO

 

Photos crédit Christine Ledroit-Perrin.

Où entendre Gaëlle Mallada ?

  • Le dimanche 26 juillet à l’abbaye de Sylvanès, en concert de musique de chambre sous la direction de Bernard Tétu ;
  • Le samedi 15 août à l’abbaye de Sylvanès, en concert de musique de chambre sous la direction de Michel Piquemal.

Renseignement à Gaëlle Mallada