Tout laisse à penser qu’Eugénie Andrin a conservé une âme d’enfant. Elle signe à l’Autre Scène de Vedène en Vaucluse, une vision onirique de “L’Histoire du soldat” où elle a collaboré avec le Ballet de l’Opéra du Grand-Avignon. Une lecture de l’ouvrage en finesse et délicatesse.  Quand la simplicité devient art.

Quand le spectateur devient téléspectateur puisque que pandémie oblige, cette création du mimodrame d’Igor Stravinsky embrasse toute la mesure de notre époque dans le regard de l’enfant-soldat. Eugénie Andrin trouve en Anthony Breignard, l’enfant idoine au théâtre assuré. Il cherche à se débarrasser de l’emprise du diable servi par Ari Soto, alors que ses rêves l’emportent dans les bras de Anne-Sophie qui revête la robe blanche de la princesse.  Paul Gouven, Noémie Fernandes et Giulia Monaco complétant la distribution  en étant qui fiancé, soldat ou cartes à jouer

Quand le théâtre se fait danse, il devient narratif et lyrique ; Quand la danse se fait théâtre, les mots frappent forts. Le narrateur ne glisse-t-il pas : “On ne peut pas ajouter à ce que je suis, ce que j’étais”.  Quand l’enfance grandit, quand l’adulte redevient enfant, c’est le cycle de la vie. Quand les rêves fusionnent à la réalité des tentations, c’est le combat permanent contre la tentation. Lutte tellement difficile pour écarter l’inutile et conserver l’innocence.

Sous le regard d’Eugénie Andrin, on oublie un instant l’anxiété du moment pour retrouver la beauté des rêves.

Dommage que, pour l’instant du moins, cette représentation n’est pas visible en replay.

B.A.

 

Photos Cédric Délestrade