Ce vendredi 5 février à 20h30, délaissez la télévision et rejoignez la chaîne YouTube de l’Orchestre National Avignon-Provence où sera diffusée la création de Pierre Thilloy : La Femme samouraï. Pendant une heure et quinze minutes, vous percevrez l’énergie des quatre éléments.

Le danger d’assister à une création musicale, c’est de chercher tout au long de l’ouvrage des ressemblances avec des airs connus, qui auraient pu dicter l’écriture du compositeur. A force de fouiller les couleurs de Philip Glass, les nuances de Beethoven, les influences de Stravinski ou Debussy, les constructions à la Ravel, il est plus simple de se dire que c’est tout bonnement du Pierre Thilloy.

Dans “La Femme samouraï”, Pierre Thilloy part du vide, celui qui précède le chaos quand naissent la matière et l’esprit. Les éléments s’extraient de l’énergie dégagée, du souffle primordial et se transforment en Terre, Eau, Air et Feu. Au début est le silence, la matière s’agglomère,  alors entrent en rotation, les tambours taikos, joués par Fabien Kanou, il place les violons en orbite et les autres pupitres se glissent dans cette fugue gravitaire jusqu’à la valse,  où l’équilibre des masses s’installe pour autoriser la vie. Une vie qui prend racine dans les forces telluriques du flux et du reflux de la terre, qui dessinent les collines et de vallons. La musique se fait image, on voit dans les vagues des archers l’écume de l’existence.

La vie commence par l’Eau, Pierre Thilloy la fait jaillir dans les pupitres à vent ; elle descend en cascade jusqu’au bassin, là où apparaît “La Femme samouraï”, interprétée par Yon Costes, chorégraphié par Chinatsu Kosakatani.

Inspirée par l’épure et la simplicité libérée, Chinatsu Kosakatani signe une littérature sobre et figurative, où le geste parle mieux que des mots. Où le corps se fait langage sans verbiage inutile. Tout semble si facile que ce troisième mouvement, évoquant l’Air, devient lyrique sous la baguette du chef Gast Waltzing à la gestique soignée et mesurée devant l’Orchestre national Avignon-Provence appliqué et sans cesse présent.

L’écriture de Pierre Thilloy invite divers pupitres à l’ouverture de l’un ou l’autre mouvement, de l’une à l’autre des transmutations des éléments, qui les seconds violons, qui les violoncelles, qui Cordelia Palm, super-soliste de la phalange avignonnaise.

Bruno ALBERRO

 

Où voir La Femme samouraï ?

Renseignement à l’Orchestre national Avignon-Provence