Arrivé sur le tard dans l’univers du chant lyrique, Christophe Berry profite du plaisir d’être sur scène. Si un temps, en regardant des distributions, il s’est dit pourquoi lui et pas moi, ce temps est passé, sauf à profiter de l’instant. D’autant que Marseille le recevra les 11 et 13 juin et il revient aux Chorégies d’Orange dans “Samson et Dalila” le 10 juillet.

Vendredi dernier, il partageait la scène de l’opéra de Marseille avec les amis Florian Laconi et Jean-Pierre Furlan, les 11 et 13 juin il sera en concert sur l même plateau pour un concert et le 10 juillet à l’ombre du mur du théâtre antique où il chantera dans Samson et Dalila aux Chorégies d’Orange. Christophe Berry est un homme heureux, content que la vie artistique reprenne, content de retrouver la scène et le public.

Ce qui réjouit Christophe Berry c’est d’avoir vu ses contrats à l’Opéra de Marseille honorés : « Maurice Xiberras s’est débrouillé pour maintenir sa programmation, il est parfait. On a des faits des enregistrements en audio ou en vidéo. C’est un type exceptionnel. Ça s’est fait fort peu ailleurs ; je ne sais pas s’il y en a eu d’autres qui ont fait autant que lui. Je suis souvent venu à Marseille, où les chanteurs français sont soutenus, il y aussi Jean-Louis Pichon  à Saint-Etienne. »

Christophe Berry regrette que certaines maisons d’opéra fassent appel le plus souvent à des artistes étrangers

Il déplore qu’en France il n’y ait pas plus de protectionnisme : « Il n’ y a sans doute que notre pays où des maisons d’opéra ne peuvent inviter que des chanteurs étrangers. A Verone, on demande d’abord aux Veronais, ensuite à ceux de la région, après aux Italiens et enfin on complète. Je me souviens aussi un adjoint au maire qui organisait un concert en invitant un pianiste russe. Je luis demande pourquoi il ne cherche pas un pianiste français de la région. Il me répond qu’un artiste russe fera venir du monde. »

Il accepte mieux sa situation de jouer sur les scènes françaises, que ce soit comme chanteur de premier ou second plan, selon les rôles. Pour lui il n’y a pas qu’un seul facteur qui fait que l’artiste fasse une carrière internationale : « Au début de ma carrière, j’étais un peu aigri quand je n’étais pas invité. Je me disais pourquoi lui et pas moi. Mais penser comme ça, ce n’est pas bon pour le moral. Pour faire une carrière, il faut un peu de talent, un peu de chance et puis se préparer. L’agent y est aussi pour quelque chose. »

Devenu philosophe et bienveillant

Lui, qui a commencé en prendre des cours de chant à 26 ans, fait son bonhomme de chemin avec philosophie ; il se veut bienveillant et optimiste, heureux même d’avoir un petit rôle aux Chorégies d’Orange à côté de Roberto Alagna : «  Je suis venu deux fois aux Chorégies dans Traviata avec Domingo et dans Rigoletto, là j’aurais quatre phrases, il faudra faire attention, mais je suis content, on travaille dans de bonnes conditions, l’acoustique est excellente. »

Alors qu’il se destinait à devenir architecte d’intérieur. Il aimerait que la vie sur scène  dure le plus longtemps possible : « Tant que ça bien physiquement et vocalement, tant qu’on me demandera, tant que ça me permettra d’en vivre.  Jean-Pierre Furlan, qui a chanté sur toutes les grandes scènes internationales dans les rôles titre ne se voit pas chanter Parpignol dans La Bohème. Je le comprends, mais je ne suis pas dans ce cas là.»

Ils se connaissent bien les deux ténors et si on ajoute Florian Laconi, on a le trio qui compose Les Trois ténors français. Ils étaient sur scène à Marseille ce mois de mai pour enregistrer leur concert : « C’était en version audio. On pourra l’entendre sur le site de l’Opéra. L’idée vient de Jean-Claude Calon. Un jour, il a fait appel à nous pour aider à la restauration d’une église vers Bordeaux. On a cherché un nom et on s’est dit qu’on ne pouvait pas s’appeler les Trois ténors comme nos illustres prédécesseurs (NDLR : Pavarotti, Careras et Domingo). Notre programme est le même avec des airs d’opéra mais aussi des medleys. On se produit une fois ou deux fois par an, selon nos agendas. »

Bruno ALBERRO

 

Où entendre Christophe Berry ?

Par l’Orchestre et le Choeur de l’Opéra de Marseille avec Sophie Koch, Hélène Carpentier, Laurence Janot, Florian Laconi, Jean Teitgen, Florian Sempey, François Lis, Christophe Berry dirigés par Roberto Rizzi-Brignoli,

  • Le vendredi 11 juin à 20 heures, on pourra entendre des Extraits de « Faust », « La Reine de Saba » de Charles Gounod, La Damnation de Faust d’Hector.
  • Le dimanche 13 juin à 14h30, on pourra entendre des extraits de « Carmen »de Georges Bizet ; « Dinorah ou Le Pardon de Ploërmel » de Giacomo Meyerbeer ; « Hérodiade » et « Manon » de Jules Massenet.

Renseignement à l’Opéra de Marseille