Roberto Alagna est de retour aux Chorégies d’Orange où il battra cette saison les records de participation comme chanteur avec seize fois son nom à l’affiche. On pourra entendre le ténor dans le rôle-titre Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns ce 10 juillet et en concert ce 24 juillet. Carmen de Bizet qu’il chantera au Stade de France en mai prochain le ravit. Il se produira dans le département de la région parisienne qui l’a vu grandir.

Roberto Alagna chante Samson aux Chorégies d'Orange. Photo crédit Philippe Gromelle.

Roberto Alagna chante Samson aux Chorégies d’Orange. Photo crédit Philippe Gromelle.

Le rendez-vous est donné devant le théâtre antique. Roberto Alagna est de retour aux Chorégies d’Orange. On est seuls attablés. Arrivent une, deux, trois, quatre personnes. D’autres suivent, prennent des chaises, la table s’allonge, les conversations enflent, les commentaires s’ajoutent aux réponses du ténor. Ici au festival lyrique vauclusien, c’est la coqueluche. Le ténor joue au Monsieur loyal, fait les présentations, demande le silence, l’obtient pour passer au jeu des questions-réponses. A son habitude, Roberto Alagna l’élude rien, répond à tout sans chercher la bonne tirade. Le bonhomme est resté le même. Il dit même que, ce qu’il ressent en revenant ici, est une sensation nouvelle : « Je disais avant que les Chorégies étaient un baromètre de ma forme. C’est toujours le cas. J’arrive peut-être même plus fatigué que les années précédentes. Ce qui a changé c’est la forme du plaisir que je ressens ici. Le plaisir spécial est devenu un plaisir nostalgique. Le théâtre ou la maison où je loge me font remonter des souvenirs. » Après une courte pause, comme s’il réentendait son propos, il ajoute d’un éclat de rire : « Je ne sais pas si c’est très bon d’être dans les souvenirs ! »

Pendant cette pandémie, on a vu Roberto Alagna présent sur les réseaux sociaux : « Le mieux serait de ne pas y être.  Mais c’est un outil pour les personnes isolées, elles ont l’impression d’avoir des amis. »

Cette année, Roberto Alagna est deux fois à l’affiche. D’abord dans “Samson et Dalila”, opéra de Camille de Saint-Saëns. Samson, un rôle qu’il porte depuis trois ans avec succès au Metropolitan de New York ou à l’Opéra de Paris. Puis il sera en concert le 24 juillet. Quand on lui demande si c’est le rôle du moment, celui qui arrive à point nommé, Roberto Alagna s’en amuse : « J’aurais aimé le chanter avant, comme tous les rôles. Si en fait ! un rôle est arrivé à temps c’est Lohengrin. (NDLR : Prise de rôle à Berlin en décembre 2020). C’est toujours mieux de chanter les rôles plus jeunes. Un marathonien est mieux à 25 ans qu’à 50 ! Quand on vous dit qu’il faut attendre tel âge pour prendre un rôle, c’est que c’est un vieux chanteur… Mais, j’ai de la chance, tous les jours je progresse. »

Il regarde le ciel sans nuage et remercie Dieu : « Quand on écoute Caruso en 1909, c’est superbe, quand on écoute en 1920 ou 1921 c’est magnifique. Il a 48 ans. J’ai dix ans de plus que lui, Ça fait dix ans que Dieu me dit de me débrouiller. Les chanteurs meurent de tristesse. »

Lui qui passait d’une scène d’opéra, à un plateau de télévision entre deux avions, dit voir les choses autrement après les contraintes imposées par la Covid : « Je sais maintenant que je ne suis pas malheureux quand je ne suis pas sur scène. J’ai appris que la vie normale peut être mieux que celle sur un plateau. J’ai pu profiter de ma famille. » Roberto Alagna confie qu’il voit dorénavant sa carrière autrement : « Je ferai moins de choses. » Quant à sa fin de carrière, le ténor assure que ça arrivera de façon la plus naturelle : « Elle cessera quand on arrêtera de m’appeler. Ça viendra tout seul. »

Dans son agenda, outre le 24 juillet pour le concert aux Chorégies aux côtés du baryton Ludovic Tézier et de la basse russe Ildar Abdrazakov,  Roberto Alagna montre une joie certaine à chanter Carmen de Bizet au Stage de France en mai 2022 : « Ce n’est pas important que ce soit Carmen que j’ai chanté un peu partout dans le monde. Ce ne sont pas que les artistes du plateau (NDLR avec Béatrice Uria-Monzon, car les artistes, nous formons une famille. Nous sommes combien sur terre :  sept milliards ? Combien sommes-nous de chanteurs d’opéra ? Très peu, moins que de diamants. Mais ce qui m’intéresse dans ce projet c’est de chanter de l’opéra dans un arène moderne, comme le Stade de France. Et je vais chanter chez moi, dans le département de la Seine-Saint-Denis où j’ai grandi. »

Bruno ALBERRO

 

Aux Chorégies d’Orange en bref

  • Le vendredi 2 juillet à 21h30 concert du violoniste Nemanja Radunovic ;
  • Le vendredi 9 juillet à 21h30, concert du violoniste Frank Vengerov ;
  • Le samedi 10 juillet à 21h30, Samson et Dalila, opéra de Camille Saint-Saëns ;
  • Le mardi 13 juillet à 21 heures, la Scène émergente
  • Le vendredi 16 juillet à 21h30, concert de Cécilia Bartoli ;
  • Le mardi 20 juillet à 21 heures, Casta Diva de Giovanni Bellucci ;
  • Le jeudi 22 juillet à 21h30, Ballet for life par le Béjart Ballet Lausanne ;
  • Le samedi 24 juillet à 21h30, Soirée Verdi ;
  • Le mardi 27 juillet à 21h30, ciné-concert avec le Kid de Charlie Chaplin ;
  • Le samedi 31 juillet à 21h30, La symphonie des jeux vidéos.

Renseignement aux Chorégies d’Orange

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