L’Orchestre régional Avignon-Provence recevait le violoncelliste Victor-Julien Laferrière à l’Opéra Confluence. Le jeune instrumentiste arrivait dans la cité des papes auréolé d’une Victoire de la musique classique 2018, des lauriers qui faisaient suite à son premier prix Reine Elisabeth de Bruxelles décerné quelques mois auparavant. L’Orchestre Mozart avait invité également le chef Jean-François Heisser à la gestique minimaliste mais appréciée des musiciens si on croit les taper du pied, et les balancements d’archers, des 40 musiciens, faisant écho au salut du public.

Au programme de cette soirée intitulée Tourments soviétiques et Plénitude schubertienne, les gradins ont pu entendre du Prokofiev dans l’Ouverture sur des thèmes populaires juifs et la symphonie n°6 de Schubert ou la Petite en ut majeur. De la loin la moins jouée de toute les symphonies de Franz Schubert à qui on préfère la Grande symphonie en ut majeur. Pourtant, cette demi-heure passée avec cette quasi inconnue des ondes et des disques a révélé ses richesses et les influences de Beethoven ou Rossini.

Le moment attendu était l’interprétation du Premier concerto  pour violoncelle et orchestre de Chostakovich. Rappelons au besoin que le compositeur en mal dans son pays l’offrit à son ami Rostropovitch, lui-même. Un monument de difficultés techniques. Victor-Julien Laferrière transcendant les leitmotiv du premier mouvement avec fougue et intempérance, il laisse voir ses soldats russes allant à l’assaut des soldats nazis et toutes les douleurs du compositeur blackboulé par le régime stalinien. La mélancolie l’emporte dans le second mouvement avant que le violoncelliste enchaîne le troisième et quatrième mouvements en virtuose où explosent les couleurs du violoncelle.

Au rappel, Victor-Julien Laferrière s’est rapproché de Bach avec le prélude de sa suite n°1 où il a laissé transpirer ses émotions. Comme pour rejoindre le sacré après les souffrances de l’humanité.

Bruno ALBERRO

 

Prochains concerts à l’Opéra Confluence

  • Le vendredi 1er mars à 20h30, “Aimez-vous Brahms ?” dirigé par David Niemann et le violoniste Nicolas Dautricourt ;
  • Le vendredi 22 mars à 20h30, “Facettes du piano romantique” avec le chef Miguel Campos-Neto et la pianiste Natacha Kudritskaya ;
  • Le vendredi 5 avril à 20h30, “Paris était une fête” avec le chef Benjamin Levy et la violoniste Geneviève Laurenceau.

Renseignement à l’Opéra du Grand-Avignon.