Il est des auteurs qui vous nourrissent, il est des musiques qui vous procurent des frissons, il est des compositeurs qui vous habitent, c’est le cas de la pianiste Emmanuelle Stephan. En quête d’authenticité, elle a passé un contrat moral avec Francis Poulenc dont on fête les 70 ans de sa disparition.

Ce sera une année Francis Poulenc pour la pianiste Emmanuelle Stephan. Quoi de plus normal direz-vous puisque cette année célèbre les 70 ans de la disparition du compositeur, mort le 25 janvier 1963. Pour Emmanuelle Stephan, ce n’est pas répondre à une mode ou à un courant musical lié aux anniversaires quels qu’ils soient, mais à un quête infinie : « Mon maître Gabriel Tacchino, a été l’unique élève de Francis Poulenc et en 2015 nous avons fondé « Duo Poulenc » que nous avons produit dans de nombreux pays. Nous avions obtenu le droit accordé par le délégué testamentaire à condition que l’on joue Poulenc dans le programme et non dans le bis. Poulenc me rappelle mon enfance, il évoque en moi des impressions, des paysages de France, les chansons françaises que j’aie dans les oreilles. »

Aujourd’hui, Emmanuelle Stephan part à sa recherche, Ce n’est pas un pèlerinage ou autre forme de nostalgie ou encore de mélancolie : elle suit les pas de Francis Poulenc pour mieux appréhender le compositeur, afin de flirter avec une forme d’authenticité : « Je suis allée par exemple à l’hôtel Le Majestic à Cannes, car c’est là où Poulenc venait quand il se mettait en retrait et qu’il recherchait le calme pour composer. Se rendre où était Poulenc, c’est aller à la Vérité de l’interprétation. Il y aura toujours des musicologues qui chercheront et trouveront de nouvelles propositions, mais ce qui m’intéresse c’est de remonter à l’origine de sa pensée. Poulenc est un néo-classique, mais aussi un moderne. Dans la Suite française, on entend dans sa Pavane que la main gauche est atonale quand la main droite fait les accords ; le mélange des deux construit une musique qui élève.»

Alors, à partir du 24 février, Emmanuelle Stéphan s’installera dans la Galerie Depardieu à Nice, où elle a suivi une résidence ; elle donnera une série de concerts, pour piano seul dans le cadre d’un programme qu’elle a appelé les Poulenc’iades. De Poulenc, il en sera question aussi le 25 mars dans le cadre de l’émission radiophonique de Clément Rochefort Génération France Musique : « Je me sens en mission par rapport à Francis Poulenc.»

Bruno ALBERRO

 

Où entendre Emmanuelle Stéphan ?

A la suite d’une résidence artistique à la Galerie Depardieu de NICE, en l’honneur du 60ème anniversaire de la disparition du compositeur Francis Poulenc, Emmanuelle Stephan propose les “POULENC’iades” :

  • Vendredi 24 février : Hommage à SCHUBERT ;
  • Samedi 11 mars : DEBUSSY – POULENC;
  • Samedi 29 avril : POULENC’iade « en mode mineur  » ;
  • Samedi 27 mai : POULENC’iade « De la Valse » ;
  • Samedi 24 juin : POULENC’iade « Les grands tubes du piano »

Renseignement à Emmanuelle Stephan